854 000 électeurs de la diaspora sont appelés à désigner les 12 députés chargés de représenter la communauté nationale à l’Assemblée populaire nationale.
Le coup d’envoi du scrutin législatif destiné aux Algériens établis à l’étranger est donné aujourd’hui. Jusqu’au 2 juillet, quelque 854 000 électeurs inscrits auprès des représentations diplomatiques et consulaires algériennes à travers le monde sont appelés à désigner les douze députés chargés de porter la voix de la communauté nationale au sein de l’Assemblée populaire nationale (APN).
S’exprimant sur les ondes de la Radio internationale de la Radio algérienne, le représentant de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Abderrahmane Chebli, a précisé que les opérations de vote se dérouleront du 27 juin au 2 juillet dans l’ensemble des centres diplomatiques et consulaires algériens à l’étranger. Il a rappelé que le corps électoral de la communauté nationale établie hors du territoire est réparti en huit circonscriptions géographiques couvrant les différentes régions du monde.
À l’issue du redécoupage de ces circonscriptions, effectué en fonction de la densité de la population, douze sièges parlementaires sont désormais réservés à la représentation de la diaspora.
66 listes en lice
La campagne électorale dans les circonscriptions de l’étranger a mobilisé 66 listes de candidats, représentant aussi bien des partis politiques que des listes indépendantes. Selon les données de l’ANIE, les candidats de moins de 40 ans constituent 54 % des prétendants, tandis que plus d’un tiers d’entre eux sont titulaires d’un diplôme universitaire. La participation féminine dépasse, quant à elle, 21 %, traduisant une présence plus affirmée des jeunes compétences et des femmes dans cette échéance électorale.
Les bureaux de vote accueilleront les électeurs chaque jour de 8 h à 18 h. Le 2 juillet, dernier jour du scrutin, ils resteront exceptionnellement ouverts jusqu’à 20 h afin de permettre au plus grand nombre d’électeurs d’exercer leur droit de vote.
Concernant le vote par procuration, Abderrahmane Chebli a rappelé qu’il demeure autorisé dans les conditions prévues par la loi, notamment lorsque le mandataire est inscrit sur la même liste électorale relevant du même poste diplomatique, sans pouvoir détenir plus d’une procuration.
Le responsable de l’ANIE a également mis en avant les avancées enregistrées en matière de numérisation, présentées comme l’une des principales innovations de ces législatives. La gestion de l’opération électorale et de la campagne repose désormais sur des outils numériques, notamment pour la répartition des temps d’antenne dans les médias, ainsi que sur une utilisation renforcée des plateformes numériques et des réseaux sociaux, dans l’objectif d’améliorer la transparence et l’efficacité du processus électoral.
Les consulats mobilisés
En parallèle, les consulats d’Algérie multiplient les appels en direction des membres de la communauté nationale afin de les inciter à participer massivement au scrutin. Les représentations consulaires invitent les électeurs inscrits qui n’ont pas encore retiré leur carte d’électeur à se rapprocher de leurs services, tout en les encourageant à actualiser, le cas échéant, leur adresse de résidence. Elles rappellent également que les électeurs empêchés peuvent recourir au vote par procuration, conformément aux dispositions de la législation électorale.
Des chiffres qui illustrent l’ampleur du scrutin
Au total, le corps électoral des législatives de 2026 compte 24 727 041 électeurs, dont 23 872 756 résident en Algérie et 854 285 à l’étranger. Le scrutin sera organisé dans 63 385 bureaux de vote sur le territoire national ainsi que dans 439 bureaux répartis au sein de 129 centres électoraux à travers le monde.
Au-delà de son enjeu institutionnel, ce scrutin revêt une dimension politique particulière. Il marque le retour dans la compétition parlementaire de plusieurs formations de l’opposition, à l’image du Front des forces socialistes (FFS), du Parti des travailleurs (PT) et du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), après plusieurs années de boycott ou de participation limitée.
Dans ce contexte, la mobilisation de la diaspora pourrait constituer l’un des principaux indicateurs de l’implication des Algériens établis à l’étranger dans le renouvellement de la représentation nationale et dans la consolidation de leur place au sein de la vie politique du pays.
Assia M.
