À quelques jours de la fin de la campagne électorale pour les législatives, les principaux partis politiques multiplient les meetings et affinent leurs discours, entre appels à une meilleure représentation citoyenne, critiques du cadre électoral et promesses de réformes institutionnelles.
La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a vivement critiqué le contenu de la loi électorale, ciblant particulièrement le rejet de certaines candidatures en vertu de dispositions légales qu’elle juge controversées.
S’exprimant jeudi à Jijel, Louisa Hanoune a estimé que «la souveraineté populaire est contrariée» par cette loi électorale, d’où, selon elle, la nécessité de revoir ce système. La secrétaire générale du PT a rappelé que le droit de vote et le droit de se porter candidat constituent des éléments essentiels de la citoyenneté, précisant que ces droits sont le fruit des sacrifices consentis durant la Révolution et non des acquis tombés du ciel.
Elle a ajouté que, dans les pays démocratiques, ce sont les électeurs qui choisissent librement leurs représentants.
Concernant la participation des jeunes au processus électoral, Louisa Hanoune a estimé qu’elle ne peut être encouragée par une simple décision administrative. Selon elle, cette participation passe par une véritable ouverture médiatique, politique et culturelle, ainsi que par la garantie des droits des jeunes afin qu’ils se sentent pleinement citoyens.
La responsable du PT a également affirmé que pour qu’un jeune devienne député, il doit d’abord militer au sein d’un parti et acquérir une expérience politique. Elle a formulé le même constat concernant la participation des femmes, estimant que leur promotion ne saurait reposer sur un système de quotas qui, selon elle, tend à diminuer leur valeur.
Dans son intervention, Louisa Hanoune a insisté sur la défense des acquis des citoyens et la nécessité d’ouvrir davantage l’espace médiatique au débat libre ainsi qu’à la confrontation des idées et des programmes. Elle a conclu en appelant les électeurs à voter pour les listes du Parti des travailleurs, qui, selon elle, feront entendre la voix de ceux qui n’en ont pas.
RND : renforcer la gouvernance locale
Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), MounderBouden, a réitéré, jeudi, son plaidoyer en faveur de la création d’un organisme régional de coordination et de développement, placé sous l’autorité du wali et fonctionnant en partenariat avec les élus locaux. Cette structure aurait pour objectif d’accélérer le développement, de répondre aux préoccupations des citoyens et de lever les différents obstacles entravant les projets.
Lors d’un rassemblement populaire à Skikda, MounderBouden a appelé à renforcer les prérogatives des élus locaux afin que les assemblées élues ne demeurent plus tributaires des lourdeurs administratives.
Le secrétaire général du RND a indiqué que la prochaine étape, après les élections législatives, sera marquée par une révision du code communal. Les députés de la nouvelle législature, a-t-il expliqué, seront appelés à examiner et à enrichir ce texte au Parlement, qui figurera parmi les priorités de la prochaine session parlementaire.
Dans ce contexte, il a souligné l’importance d’élire des représentants compétents, intègres et capables de défendre efficacement les intérêts des citoyens au sein des institutions élues.
Évoquant les potentialités de la wilaya de Skikda, qu’il a qualifiée de wilaya agricole et touristique par excellence, MounderBouden a plaidé pour le renforcement des infrastructures touristiques et l’achèvement de nouveaux complexes susceptibles d’attirer davantage de visiteurs, nationaux et étrangers.
Il a également appelé au lancement de programmes urgents visant à éradiquer l’habitat précaire, à augmenter les quotas de logements sous toutes leurs formes et à créer de nouveaux pôles urbains afin de contribuer à résoudre la crise du logement dans plusieurs communes de la wilaya.
FFS : pour une Assemblée forte
Le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, a appelé, jeudi, à une forte participation aux prochaines élections législatives.
Lors d’un rassemblement populaire à Boumerdès, il a souligné que son parti aspire à un Parlement fort, composé de militants porteurs de «visions et d’idées constructives».
Selon le FFS, si la Constitution garantit les droits des citoyens, les lois d’application s’en éloignent souvent et en contredisent l’esprit. Le parti affirme qu’à travers sa présence à l’Assemblée populaire nationale, il œuvrera au renforcement des libertés démocratiques et des droits fondamentaux, dans le but de consolider l’État de droit et l’État démocratique.
Le FFS met également l’accent sur les priorités sociales, qu’il considère comme l’un des piliers de son programme. Il entend défendre le pouvoir d’achat et la dignité des Algériens, qu’il juge insuffisamment pris en compte au regard de la conjoncture économique.
Dans cette perspective, le parti affirme vouloir œuvrer à la recherche d’un consensus sur les mécanismes de soutien aux catégories vulnérables et à la reconstruction d’une classe moyenne bénéficiant pleinement de ses droits fondamentaux.
S. Smati
