Dans le fond, ni l’Algérie, ni la Tunisie ne sont adeptes de la déstabilisation de la région.
Décidément, l’Algérie ne laisse personne indifférent. La Tunisie se retrouve-t-elle, malgré elle, au centre d’un conflit régional opposant le Maroc à l’Algérie? En effet, la presse du Makhzen n’a pas trouvé mieux que d’accuser l’Algérie d’envoyer des milliers de ressortissants pour renforcer les rangs d’une manifestation de soutien au président tunisien Kaïs Saïed.
Pire, les mêmes médias soutiennent l’existence(sic!), d’un accord confidentiel entre la Tunisie et l’Algérie et qui permet à l’Algérie d’intervenir en Tunisie pour protéger le pouvoir de K Saïed. Très grave, au point de faire sortir le Président Kaïs Saied de ses gants.
Mettant à profit l’audience accordée, jeudi, à la cheffe du gouvernement tunisien, Sarra Zaâfrani Zenzri au palais de Carthage, le chef de l’Etat tunisien a catégoriquement démenti les allégations circulant au sujet de documents attribués à de prétendus accords de coopération militaire entre la Tunisie et l’Algérie, ainsi qu’à un accord supposé avec l’Union européenne concernant le dossier migratoire, démentant, ainsi, l’authenticité de ces pseudo-documents.
La Tunisie, un Etat souverain
Tout en dénonçant dénoncé « l’égarement » de ceux qui « continuent à nuire au peuple tunisien », le Président Saied a rappelé que la Tunisie «est dirigé conformément aux institutions constitutionnelles et aux lois en vigueur, et non par des publications via le cyberespace ou encore à travers des documents fictifs et montés de toutes pièces ».
Réaffirmant son rejet catégorique de toute tentative portant atteinte à la souveraineté nationale, Kaïs Saïed a précisé que la diffusion de tels pseudos-documents s’inscrit dans des tentatives de manipulation de l’opinion publique et de propagation de rumeurs, soulignant que les institutions de l’État assument pleinement leurs responsabilités dans le cadre de la légalité et de la légitimité. Et de révéler que ceux qui sont à l’origine de ces pratiques sont « démasqués et bien connus de tous».
Un accord dans la transparence
Dans ce contexte, il convient de rappeler que l’Algérie et la Tunisie ont signé, octobre dernier, un accord de coopération dans le domaine de la défense, s’inscrivant dans le cadre de la coopération bilatérale en vigueur depuis plusieurs années. Cet accord vise à renforcer la coordination sécuritaire et à faire face aux défis régionaux communs, sans comporter d’engagements politiques ni d’alignements extérieurs. Tandis que le ministre tunisien de la Défense nationale, Khaled Souihi, avait précisé, lors d’une séance parlementaire, que l’accord militaire liant la Tunisie à l’Algérie n’aurait « rien de nouveau ».
« Conclu pour la première fois en 2001, ce cadre de coopération a simplement été actualisé afin de s’adapter aux évolutions régionales et d’élargir ses champs d’action, en particulier dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et la sécurisation des frontières », a-t-il vilipendé les détracteurs de cet accord qu’il accuse d’instrumentalisation politique. Pour Khaled Souihi, « le renforcement de la coopération militaire entre les deux pays relève d’un choix stratégique visant à consolider la sécurité et la stabilité régionales, hors de tout calcul géopolitique ».
Intox, manipulation, propagande et campagne hostile
Cette « attaque» médiatique est loin d’être une première de la part du Makhzen qui a toujours tenté, d’une part, de porter atteinte à l’Algérie et, d’autre part,de saboter les bonnes relations algéro-tunisiennes. N’a-t-on pas accusé l’Arme nationale populaire de créer « des unités de mercenaires, qui activeraient dans la région du Sahel pour exécuter des opérations secrètes »? Des allégations «calomnieuses» colportées par certains médias et sites électroniques, dont l’appartenance et l’orientation n’est plus à démasquer, dans le but de porter atteinte à l’ANP et à l’image de l’Algérie.
Badis.B
