Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, qui a pris part, hier, à Amman (Jordanie), aux travaux de «la réunion ministérielle de soutien à El-Qods et ses lieux saints», a appelé les participants à «engager une action politique et diplomatique collective pour mettre en échec ces desseins sionistes».
Non à la judaïsation de la ville
Cette réunion, à laquelle prennent part les membres du Comité ministériel arabe chargé de l’action internationale face aux politiques et mesures sionistes illégales dans la ville occupée d’El-Qods, ainsi que l’Indonésie, le Pakistan, la Turquie et la Malaisie, «intervient sur fond d’une escalade des violations israéliennes contre la ville d’El-Qods et l’augmentation des incursions des colons dans la mosquée d’El-Aqsa avec la poursuite de la politique de l’occupation visant à porter atteinte au statut juridique et historique d’El-Qods et à modifier sa composition démographique», souligne un communiqué du ministère.
Dans son allocution à l’occasion, Attaf a mis en garde contre «la poursuite par l’occupation israélienne de ses desseins visant à judaïser la ville d’El-Qods et à effacer ses caractéristiques arabe, islamique et chrétienne». Il a également insisté sur «l’impératif d’engager une action politique et diplomatique collective pour mettre en échec ces desseins ciblant la ville d’El-Qods», soulignant «la nécessité de relancer les mécanismes disponibles pour protéger les droits du peuple palestinien et soutenir la résistance des Maqdessis, à travers le renforcement du rôle des institutions nationales palestiniennes dans cette ville».
Attaf a réaffirmé «la constance de la position historique et de principe de l’Algérie en faveur du soutien au peuple palestinien frère, ainsi que sa disposition à adhérer à tout effort ou démarche visant à protéger la ville d’El-Qods contre les agressions de l’occupation israélienne».
Au terme de la réunion, les participants ont adopté une déclaration dans laquelle «ils ont réaffirmé leur condamnation des pratiques et violations israéliennes ciblant la ville d’El-Qods et souligné l’impératif d’intensifier les initiatives et de coordonner les efforts pour faire face à l’arrogance sioniste et soutenir la résistance du peuple palestinien par tous les moyens disponibles», selon le communiqué.
Les participants, parmi lesquels le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf, ont, en effet, selon les termes de la déclaration, dénoncé «la dangereuse et sans précédent escalade israélienne dans la ville occupée de Jérusalem et ses lieux saints islamiques et chrétiens». Ils ont appelé à une «action commune pour faire face à toutes les mesures israéliennes illégitimes qui poussent la région vers davantage de conflits».
Ils ont condamné «les politiques et mesures israéliennes visant à modifier l’identité arabe, islamique et chrétienne d’El Qods occupée ainsi que son statut juridique et démographique». Ils ont estimé que ces mesures sont «nulles et sans effet juridique», constituant «une violation flagrante du droit international et des obligations d’Israël en tant que puissance occupante».
Les signataires ont réaffirmé que «El Qods-Est fait partie du territoire palestinien occupé» et que l’entité sioniste «n’a aucune souveraineté sur cette partie de la ville», soulignant que «la réalisation d’un État palestinien libre, indépendant et souverain sur les frontières du 4 juin 1967, avec El Qods pour capitale», demeure «la seule voie vers une paix juste, durable et globale».
Al-Aqsa au centre des préoccupations
Les ministres ont également condamné «toutes les violations contre la mosquée Al-Aqsa» ainsi que «toutes les tentatives visant à modifier son statu quo historique et juridique ou à imposer une division temporelle et spatiale».
Ils ont notamment dénoncé «les incursions croissantes de colons extrémistes, de ministres et de responsables israéliens», ainsi que «les restrictions imposées aux fidèles, les agressions contre eux, l’entrave au travail du département des Waqfs de la ville et les fouilles illégales sous la mosquée et dans ses environs».
Les participants ont réaffirmé que la mosquée Al-Aqsa «est un lieu de culte exclusivement réservé aux musulmans» et que le Waqf jordanien demeure «la seule autorité légale compétente pour administrer toutes les affaires de la mosquée et réglementer son accès». Ils ont également condamné «les violations israéliennes visant les lieux saints chrétiens et menaçant la présence chrétienne historique à El Qods».
Le Conseil de sécurité et la communauté internationale interpellés
Les participants ont appelé à soutenir «la résilience des habitants d’El Qods» à travers «toutes les formes d’aide au développement» et le renforcement des institutions palestiniennes dans la ville. La déclaration met également en garde contre «les attaques israéliennes contre les lieux saints islamiques à El Qods occupée», considérées comme «une provocation flagrante envers les sentiments d’environ deux milliards de musulmans dans le monde» et susceptibles de conduire à «un conflit religieux aux répercussions dépassant la région».
Les ministres ont appelé «la communauté internationale et le Conseil de sécurité à agir immédiatement pour mettre fin à toutes les mesures israéliennes illégitimes à El Qods occupée et dans ses lieux saints». Ils ont dénoncé «une politique israélienne systématique visant à consolider l’occupation» à travers l’expansion des colonies, l’annexion des terres, l’affaiblissement de l’économie palestinienne, le ciblage des institutions nationales palestiniennes et «l’escalade du terrorisme des colons».
Enfin, les participants ont annoncé le lancement d’«une action commune visant à mobiliser une réponse internationale efficace», ainsi que la mise en place d’«un mécanisme institutionnel et opérationnel permanent, comprenant une plateforme médiatique», chargé de documenter les violations commises à El Qods.
Ils ont également appelé à la tenue, en septembre prochain à New York, d’une réunion ministérielle conjointe entre l’Organisation de la coopération islamique et la Ligue des États arabes afin d’examiner «la dangereuse escalade» sioniste à El Qods et dans ses lieux saints.
S.M
