Le Conseil de sécurité de l’ONU se doit d’assumer ses responsabilités.
Mardi, la majorité des membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont condamné l’escalade militaire continue de l’Etat sioniste dans la bande de Ghaza et ont appelé à un cessez-le-feu immédiat. Ces condamnations sont intervenues lors d’une session du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient, convoquée à la demande des membres du Conseil de sécurité, également membres de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), à savoir l’Algérie, le Guyana, le Pakistan, la Sierra Leone et la Somalie. Dans son allocution prononcée à l’occasion, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a qualifié la situation de «campagne génocidaire à part entière», affirmant qu’il est «désormais indéniable que Ghaza soit soumise depuis près de deux ans à une guerre de génocide», ce qui a été confirmé par la commission d’enquête des Nations Unies.
Ahmed Attaf a ajouté que les «plans de déplacement, de réoccupation et d’annexion de Ghaza et de la Cisjordanie» sont confirmés par «l’occupation israélienne» qui a commencé à les mettre en œuvre et à les assumer publiquement. L’Etat sioniste cherche à «saper toute perspective d’établissement d’un Etat palestinien indépendant et souverain» tout en poursuivant «le mythe du Grand Israël». Ahmed Attaf a déclaré que les plans de liquidation de cet Etat palestinien «n’ont fait que multiplier les reconnaissances diplomatiques de cette cause, reconnaissances que l’Algérie salue et appelle à les renforcer en permettant l’adhésion de l’Etat palestinien en tant que membre à part entière à notre organisation». Abordant la région du Moyen-Orient, le chef de la diplomatie algérienne a accusé l’Etat sioniste d’y semer méthodiquement le chaos avec des agressions contre le Yémen, le Liban, la Syrie, l’Iran, et le Qatar.
La région «est devenue synonyme de ruine et de destruction», a-t-il affirmé, précisant que «cette région a subi ce qu’aucune autre n’a subi à travers les décennies et les siècles qui se sont succédé». Comment après tout cela, poursuit Ahmed Attaf, «l’occupant ose-t-il faire circuler sa propagande qu’il est le seul, entouré d’ennemis qui cherchent à le détruire, alors qu’aucun Etat de la région n’échappe à sa tyrannie». Il a souligné, dans ce sens, que l’histoire de la région confirme que la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient ne sauront être réalisées sans que le Conseil de sécurité de l’ONU n’assume ses responsabilités, expliquant que le sort de la cause palestinienne, du peuple palestinien et de l’ensemble des pays et peuples de la région «reste otage de la volonté de ce Conseil et de sa capacité à faire respecter ses résolutions et la légalité internationale».
Isolement diplomatique
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a averti que le conflit en Palestine traverse l’un des chapitres «les plus sombres» de son histoire. Cette mise en garde a trouvé un large écho auprès de la majorité des intervenants lors de cette réunion ministérielle du Conseil de sécurité, à l’instar du Royaume-Uni, qui a estimé que le moment est venu de «faire la paix». Pour le Danemark, les souffrances à Ghaza doivent cesser immédiatement. Le moment n’est plus aux palabres, estime le Pakistan. Le ministre sud-coréen affirme que la solution à deux Etats est la seule voie viable. De plus en plus isolé sur la scène internationale, l’Etat sioniste est désormais traité par la communauté internationale comme un hors-la-loi. Par ailleurs, il vit actuellement la pire chose qui puisse lui arriver, à savoir la reconnaissance par les pays occidentaux de l’Etat palestinien.
Soutien financier
Afin d’assurer leur viabilité, le Secrétaire général de l’ONU a plaidé, lors de la réunion du Conseil de sécurité, pour un soutien politique et financier aux institutions palestiniennes. L’Union européenne a, ainsi, promis de verser un montant de 1,6 milliard d’euros sur trois ans grâce à la nouvelle «plateforme des donateurs pour la Palestine». L’Égypte a exprimé l’intention d’organiser une conférence sur la reconstruction de la bande de Ghaza sitôt qu’un cessez-le-feu sera conclu. De son côté, la Norvège a annoncé qu’elle accueillerait à New York, comme chaque année, une réunion ministérielle du groupe international des donateurs pour la reconstruction de l’État de Palestine.
Saïd S.
