Une réunion se tiendra le 17 février autour de Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Algérie, et sera présidée par Yannick Morillon, président du Conseil des entreprises France-Algérie et directeur général de l’entreprise CIS (Catering International & Services). L’objectif est de préparer une visite professionnelle en Algérie.
Cette rencontre permettra de faire le point sur le réchauffement politique entre la France et l’Algérie et ses conséquences positives sur les relations d’affaires, tout en présentant les opportunités économiques et d’investissements actuels et à venir en Algérie, ainsi que les conditions d’accès au marché. Il sera également question d’évoquer l’organisation d’un prochain déplacement de Medef International en Algérie, dans le cadre d’une mission d’entreprises.
Réchauffement des relations politiques et économiques
Si la relation politique bilatérale a traversé, depuis l’été 2024, une phase de tension aiguë, les relations d’affaires entre les deux pays demeurent solides, favorisées par la présence significative de communautés d’affaires des deux côtés de la Méditerranée et par des liens économiques historiques et structurants. Les récentes visites bilatérales de hauts fonctionnaires des deux États témoignent d’un réchauffement progressif de la relation franco-algérienne, susceptible de favoriser un climat positif pour le dialogue économique et la relance de projets concrets, au bénéfice des communautés d’affaires des deux pays.
Investissements bilatéraux
À cet égard, les relations commerciales restent soutenues, avec plus de 5 milliards d’euros d’exportations françaises vers l’Algérie en 2024. L’Algérie demeure un partenaire économique majeur pour la France en Afrique du Nord, offrant des perspectives significatives dans des secteurs clés tels que l’énergie, les infrastructures, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière, la santé, ainsi que dans la transition numérique et environnementale. Cela se situe dans un contexte de réformes économiques et de volonté affirmée de diversification de l’économie algérienne.
Le marché algérien convoité
Cette réunion intervient quelques jours après les alertes lancées fin janvier par la présidente de l’Association Algérie-France, Ségolène Royal, et Michel Bissac, directeur de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française, concernant les risques réels pour la France de perdre définitivement le marché algérien. Rappelons que la visite du président Tebboune en Italie l’année dernière, où il a négocié des contrats d’une valeur de 18 milliards d’euros avec de grandes entreprises italiennes, a particulièrement inquiété les entreprises françaises.
La dernière rencontre bilatérale remonte à février 2024 à Paris, où les deux organisations patronales ont permis l’élaboration d’une feuille de route thématique et l’identification des groupes de travail pour sa mise en œuvre. Ces groupes devaient se réunir alternativement à Paris et à Alger, dans le but d’aboutir rapidement à la concrétisation des objectifs fixés. Lors de cette rencontre, un comité stratégique a été créé, composé des co-présidents, Abdelouahed Kerrar pour la partie algérienne et Yannick Morillon pour la partie française, élargi à deux autres chefs d’entreprise, chargé de superviser l’avancée des travaux.
Renouer avec le patronat algérien
En visite à Alger, Mme Ségolène Royal a appelé le Medef à renouer les liens avec le patronat algérien, relations interrompues depuis deux ans. Une rencontre prévue à Paris en 2025 a été annulée à la dernière minute en raison de la dégradation des relations entre les deux pays. Cette annulation a fait suite à une mesure prise par les autorités françaises déconseillant fortement à un dirigeant d’une entreprise française de transport maritime de se rendre en Algérie pour concrétiser un projet d’investissement. Selon un communiqué, le dirigeant en question est Rodolphe Saadé, patron de l’armateur CMA CGM, qui devait venir à Alger.
Baisse des parts de marché pour la France
En 2026, plus de 400 entreprises françaises restent implantées en Algérie, maintenant une présence significative malgré un contexte économique en mutation et des relations bilatérales parfois complexes. Les secteurs clés incluent l’automobile (Renault, PSA), l’industrie (Lafarge, Schneider Electric), l’énergie (Total), la banque (BNP, Société Générale) et l’agroalimentaire. Ces entreprises emploient plusieurs milliers de collaborateurs locaux et s’adaptent au nouveau modèle économique algérien qui privilégie la production nationale.
La France demeure un partenaire important, bien que sa part de marché ait diminué, notamment dans le secteur des céréales. La dynamique de prospection continue, avec des visites de délégations, notamment dans le secteur du BTPH (ex : groupe Legendre). Certains secteurs, comme l’importation de blé, ont connu des restrictions, mais la présence industrielle et de services de la France demeure substantielle en 2026.
H. Adryen
