Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présenté jeudi devant la Commission des affaires juridiques et administratives du Conseil de la nation le projet de loi relatif à l’organisation territoriale du pays, qui prévoit la promotion de onze circonscriptions administratives en wilayas à part entière. Cette réforme porte le nombre total de wilayas à 69, englobant désormais 1 541 communes.
Sayoud a souligné que cette initiative s’inscrit dans le cadre des directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a insisté sur la nécessité d’actualiser l’organisation territoriale pour l’adapter aux évolutions démographiques et socioéconomiques du pays. L’objectif affiché est de permettre aux autorités locales de mieux assumer leurs missions, de promouvoir le développement, d’accroître l’attractivité des territoires et d’améliorer le cadre de vie des populations, en particulier dans les Hauts Plateaux et le Sud.
Lors du Conseil des ministres du 16 novembre 2025, la promotion des onze nouvelles wilayas a été validée. Il s’agit d’Aflou, Barika, Ksar Chellala, Messaad, Aïn Oussara, Bou Saâda, El Abiodh Sidi Cheikh, El Kantara, Bir El Ater, Ksar El Boukhari et El Aricha. Le ministre a précisé que cette démarche ne se limite pas à une simple augmentation formelle du nombre de wilayas, mais répond à une attente citoyenne forte : celle d’un accès facilité aux services publics et d’opportunités de développement plus équitables sur l’ensemble du territoire.
Un poids démographique
Ces nouvelles wilayas représentent une superficie de 100 000 km², soit 43 % de celle des wilayas-mères, et regroupent plus de 2,5 millions d’habitants, soit un quart de la population des wilayas concernées. Elles comprennent également 40 daïras et 108 communes, un indicateur de leur poids démographique et administratif. Selon M. Sayoud, cette réorganisation territoriale « contribuera à encadrer et à accompagner le développement de ces zones par la réalisation de projets structurants, la création d’activités économiques génératrices de richesse et la mise à disposition de nouvelles opportunités d’emploi ».
Le projet de loi prévoit une période transitoire d’un an, jusqu’au 31 décembre 2026, durant laquelle les wilayas-mères continueront à exercer l’ensemble des prérogatives liées à la gestion de ces circonscriptions. Les walis des wilayas-mères assureront notamment l’exécution des budgets primitifs, afin de garantir une transition fluide. Les nouvelles wilayas seront ainsi pleinement opérationnelles dès le 1er janvier 2027, avec des structures administratives adaptées et fonctionnelles.
Parmi les mesures prévues une fois la loi promulguée, figurent la nomination de walis, de secrétaires généraux et de directeurs exécutifs, l’installation des services de sécurité et financiers, ainsi que l’organisation des élections locales et législatives. Selon le ministre, cette réforme constitue « un pas décisif vers un renforcement de la décentralisation, pour améliorer la qualité des services publics et assurer un développement harmonieux et équilibré de toutes les régions du pays ».
Avec cette réforme, l’Algérie se dote d’un cadre territorial plus en phase avec ses enjeux actuels, ouvrant la voie à une meilleure gestion locale, à l’accélération des projets économiques et à une plus grande proximité entre l’administration et les citoyens.
R.N.
