Au-delà de l’importation de ces bus, l’Etat affiche une volonté de structurer le secteur sur le long terme tout en s’appuyant en parallèle sur «les capacités de production nationale».
Le gouvernement a franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre des orientations du président de la République relatives au secteur du transport collectif. Réuni hier, sous la présidence du Premier ministre par intérim, Sifi Ghrieb, l’exécutif a examiné la feuille de route consacrée au renouvellement du parc national de bus. Dans son communiqué, publié à l’issue des travaux de la réunion, le gouvernement rappelle que ce plan passe par «l’importation immédiate de dix mille (10 000) nouveaux bus de transport de voyageurs destinés à remplacer les véhicules vétustes». Cette mesure s’inscrit dans la continuité des instructions données par le chef de l’État le 26 août dernier. Celui-ci avait alors insisté sur l’urgence de moderniser ce secteur vital, souvent critiqué pour l’état dégradé de ses moyens roulants.
La même source souligne que cette opération permettra, «dans une première étape, de remplacer tous les bus en service depuis plus de trente ans ainsi que la moitié de ceux dont la durée d’exploitation varie entre 25 et 30 ans». Ce choix illustre la volonté d’agir rapidement sur les segments du parc les plus vétustes, souvent sources de pannes, d’accidents et de désagréments pour les usagers. En parallèle, le plan gouvernemental prévoit le renouvellement progressif du reste du parc, avec l’ambition de s’appuyer davantage sur les capacités de production nationale. «La feuille de route permettra de renouveler le reste du parc national de manière graduelle, notamment grâce aux capacités industrielles locales», précise encore le communiqué. Cette décision fait directement écho aux directives présidentielles. Le chef de l’État avait rappelé, lors de la réunion du 26 août, que l’amélioration du transport collectif constitue une priorité, tant pour la mobilité des citoyens que pour le développement économique. Le président avait insisté pour que l’opération d’importation soit «immédiate» afin d’éviter une rentrée sociale marquée par les difficultés de transport, notamment pour les étudiants et les travailleurs.
Au-delà de l’importation, l’exécutif affiche également une volonté de structurer le secteur sur le long terme. La référence explicite aux «capacités de production nationales» traduit l’intention de booster la production nationale (Sonacome et les unités de production du MDN notamment) et de relancer les unités industrielles locales, certaines étant à l’arrêt ou fonctionnant en deçà de leurs capacités. L’objectif affiché est clair: ne pas se limiter à une solution d’urgence mais bâtir une stratégie pérenne, capable de répondre aux besoins croissants en mobilité urbaine et interurbaine.
Modernisation du réseau routier
Cette mesure s’inscrit dans une logique de modernisation globale qui concerne également l’entretien des routes et des autoroutes, également abordé lors de la réunion. Le gouvernement a en effet, précise le communiqué, entendu un exposé détaillé sur le programme d’entretien des autoroutes, mettant en avant les opérations déjà engagées et celles prévues à court et moyen terme. Il s’agira notamment de «réparer et réhabiliter les tronçons endommagés» et de définir «une approche globale pour la gestion et la maintenance de ces infrastructures stratégiques». Pour les autorités, il ne suffit pas de renouveler les bus, il faut aussi garantir la qualité et la sécurité du réseau routier qui les accueille.
Le Gouvernement a en outre examiné lors de la réunion, trois projets de décrets exécutifs relatifs à l’attribution de licences pour la mise en place de réseaux de téléphonie mobile de cinquième génération (5G). Les autorisations d’établissement et d’exploitation ont été accordées à trois opérateurs : ATM Mobilis, Optimum Telecom Algérie et Wataniya Télécom Algérie. Ces décisions sont prises « conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur, notamment la loi n°18-04 du 10 mai 2018 fixant les règles générales relatives à la poste et aux communications électroniques », précise le communiqué. Un autre point de l’ordre du jour de la réunion et non des moindres, a porté sur la campagne de prévention et de lutte contre les incendies de forêts.
Le rapport provisoire présenté a mis en avant l’efficacité du «dispositif proactif» mis en place par les pouvoirs publics. Grâce aux moyens matériels et humains mobilisés, le gouvernement estime avoir limité l’ampleur des feux durant l’été 2025. Le dispositif de surveillance et d’intervention restera actif «jusqu’à la fin de la saison».
A.I.
