Le président des Bourses de Sous-traitance et de Partenariat (BSTP), Kamel Agsous, a mis en avant, hier, le rôle stratégique des industries manufacturières dans le développement de la sous-traitance industrielle en Algérie.
Selon Kamel Agsous qui s’exprimait dans l’émission «L’invité du jour », de la Chaîne 3 de la Radion nationale, à la veille de l’ouverture du Salon de la sous-traitance (ALGEST), les industries manufacturières qui regroupent notamment la mécanique, la métallurgie, l’électronique, la chimie ou encore le caoutchouc, constituent aujourd’hui les secteurs à même de booster la sous-traitance. «Avec le concours du ministère de l’Industrie, nous avons identifié les industries manufacturières, comme secteurs matures et porteurs, sur lesquels on peut s’appuyer pour développer de façon conséquente la sous-traitance industrielle», a-t-il affirmé à ce propos.
Il y a aussi, selon lui, le secteur automobile, en plein essor, qui fait également partie des priorités, tout comme celui des hydrocarbures, considéré comme un grand demandeur de sous-traitance à condition qu’il soit «pleinement mobilisé». Pour l’invité de la Chaîne 3, le développement de la sous-traitance passe impérativement par la modernisation des PME et leur mise à niveau. Cette mise à niveau constitue, selon lui, une condition fondamentale pour atteindre les standards internationaux en matière de qualité et d’organisation. Cette démarche permettrait de développer l’import-substitution, en réduisant les importations grâce à une production locale plus compétitive. Elle contribuerait aussi à la création d’emplois et de la richesse.
Des indicateurs en amélioration
Actuellement, la part de l’industrie dans le PIB national représente environ 5 %, un taux jugé faible par le président de la BSTP. Les pouvoirs publics visent une hausse à 10 % ou 12 % dans les prochaines années. Le ratio de sous-traitance au sein de l’industrie est quant à lui estimé à près de 10 %, pour environ 1 300 entreprises actives dans ce domaine. Les perspectives de développement reposent donc principalement sur la consolidation des industries manufacturières et l’émergence d’un tissu de PME qualifiées. L’amélioration du secteur ferroviaire et d’autres branches industrielles figure également parmi les chantiers prioritaires.
Vers une intensification des échanges
Avec ALGEST 2025, l’Algérie ambitionne de renforcer son réseau industriel, d’attirer davantage de partenariats et de consolider sa capacité à produire localement, dans un contexte où la sous-traitance devient un enjeu économique majeur. Kamel Agsous espère que le salon permettra la conclusion de plusieurs contrats et conventions importants, notamment «un accord entre la Bourse de la sous-traitance et NESDA, ainsi qu’avec certains partenaires comme VMS, la fabrication de cycle et motocycle et probablement CITAL» a-t-il précisé, afin de développer le pôle automobile et de renforcer les liens entre investisseurs et PME locales. «Nous souhaitons que les rencontres B2B puissent se développer et être plus nombreuses que d’habitude, afin que les participants se découvrent, se confrontent à la réalité et prennent les décisions qui s’imposent », a-t-il soutenu.
Un salon unique en Algérie
Le Salon international de la sous-traitance (ALGEST) ouvre ses portes aujourd’hui au Palais des expositions (Safex) d’Alger (pavillon A). «Co-organisé par la BSTP et le World Trade Center, ALGEST 2025 se présente comme le seul salon exclusivement dédié à la sous-traitance en Algérie», affirme Kamel Agsous. Il s’étend sur une surface de 2 500 m² et réunit près de 130 exposants représentant l’ensemble des branches industrielles concernées. Cette édition consacre un pôle spécial à l’industrie automobile et à la fabrication de pièces de rechange, en prévision de l’essor annoncé du secteur dès 2025.
Le programme prévoit également des rencontres B2B, ainsi que la visite de délégations étrangères venant notamment de Pologne, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, de Chine et de Tunisie.
K.Z.
