Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a abordé, lors de son entrevue périodique diffusée vendredi sur les chaînes de télévision et de radio nationales, plusieurs dossiers stratégiques qui dessinent les contours de l’action politique et institutionnelle de l’État. Dialogue national, réforme électorale, feuille de route gouvernementale et engagements diplomatiques : autant de sujets majeurs au cœur de son intervention.
Dialogue, l’objectif réaffirmé
Le chef de l’État a réaffirmé que le lancement du dialogue national inclusif, annoncé pour la fin de l’année 2025 et le début de 2026, dépendra avant tout de ses modalités et de son organisation. «Il s’agit de permettre à chacun de s’exprimer afin de bâtir une République forte et démocratique, sans désordre», a-t-il précisé.
Ce processus devra offrir un espace aux différentes sensibilités, y compris les partis politiques, dont la participation sera encadrée par la future loi sur les partis. Le président a exprimé son regret quant au retard pris dans l’examen de ce texte par le Parlement, soulignant que seules deux ou trois formations s’y sont impliquées jusqu’ici.
Dans cette perspective, Tebboune a rappelé que le dialogue n’est pas une spécificité algérienne mais une pratique universelle, qui peut déboucher sur des projets politiques nouveaux, qu’il s’agisse de renforcer le système présidentiel, d’évoluer vers un parlementarisme ou même de créer des instances consultatives.
Des ajustements techniques
Le président de la République a annoncé une révision de la loi électorale, limitée à certains aspects techniques, sans remise en cause des dispositions fondamentales destinées à prévenir la fraude et l’achat de voix. «Je n’ai jamais accepté que l’argent dirige les institutions, je ne l’ai pas accepté hier et je ne l’accepterai pas demain», a-t-il martelé, insistant sur l’ouverture de l’Assemblée aux jeunes générations.
Par ailleurs, Tebboune a indiqué que des ajustements seront introduits dans les missions de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Celle-ci se consacrera exclusivement à la transparence et à la régularité des scrutins, tandis que le ministère de l’Intérieur reprendra la préparation matérielle des élections.
Concernant les législatives et les locales, il a assuré qu’elles auront lieu dans les délais impartis, après l’expiration des mandats des actuelles assemblées.
Une feuille de route claire
Le président Tebboune a salué le travail de la nouvelle équipe gouvernementale, affirmant que la plupart des ministres suivent une feuille de route claire jusqu’en 2026-2027. Il a défendu la nomination du Premier ministre Sifi Ghrieb, décrit comme un «homme de terrain» chargé d’assurer l’application des décisions. Il a également misé sur la vision modernisatrice de Yacine El-Mahdi Oualid à l’Agriculture. Enfin, tout en regrettant le nombre limité de femmes au gouvernement, Tebboune a réaffirmé sa volonté de renforcer leur participation politique et économique.
Soutien indéfectible à la Palestine
Sur le plan international, le président a réaffirmé que le soutien de l’Algérie à la cause palestinienne repose sur l’établissement d’un État sur les frontières de 1967 avec El-Qods pour capitale. «L’illusion du Grand Israël relève de l’absurde», a-t-il tranché.
Il a rappelé le rôle actif joué par la diplomatie algérienne au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, citant notamment l’obtention de 143 votes en faveur de l’admission de la Palestine à l’ONU, malgré l’usage persistant du droit de veto.
Évoquant la possibilité pour l’Algérie d’obtenir un jour un siège permanent au Conseil de sécurité, Tebboune a jugé cette perspective envisageable, plaidant pour une réforme des Nations unies qui garantirait au continent africain au moins dix sièges, dont trois permanents.
Mauritanie et Tunisie : Des liens solides
Abordant les relations avec les pays voisins, le président a qualifié les liens avec la Mauritanie et la Tunisie de «solides», balayant les rumeurs de tensions comme du simple «chahut».
Sur le plan continental, il a insisté sur la responsabilité des Africains eux-mêmes face aux ingérences étrangères: «Ils ont le choix entre se tourner vers le développement ou vers la guerre». Pour lui, l’aide réelle à l’Afrique doit passer par l’emploi et l’investissement, et non par l’armement.
Enfin, il a fermement condamné l’agression récente contre le Qatar, qualifiant cet acte d’«attaque contre la nation arabo-musulmane tout entière».
À travers cette intervention, Abdelmadjid Tebboune a esquissé une vision où le dialogue national, la modernisation de la gouvernance, la moralisation de la vie politique et la défense des causes justes à l’international s’articulent autour d’un même objectif : bâtir une Algérie stable, forte et tournée vers l’avenir.
Assia M.
