Alors que Gaza est écrasée sous les bombes, une fracture béante s’ouvre entre les peuples qui se soulèvent et les gouvernements qui se taisent.
Pendant que des caravanes humanitaires bravent le blocus au péril de leur vie, les grandes puissances, occidentales comme arabes, regardent ailleurs. Leur complicité avec le criminel Netanyahu n’est plus une question : c’est un fait, documenté par l’inaction, validé par les contrats, scellé par le silence.
Il n’est des crimes que l’on ne commet pas, mais que l’on permet. Il n’est des massacres que l’on ne planifie pas, mais que l’on cautionne.
Et dans ce théâtre macabre qui se joue à Gaza, les acteurs principaux ne sont pas seulement ceux qui lâchent les bombes, mais aussi ceux qui restent assis dans les loges, applaudissant entre deux silences diplomatiques.
Le criminel Netanyahu mène une guerre sans fin, avec une régularité comptable et une impunité mécanique. Il détruit, rase, affame, déplace, au nom de la sécurité.
Et cela semble suffire pour que les puissances occidentales, pourtant si promptes à parler de démocratie, détournent le regard. Pis encore : elles fournissent l’arsenal, les justifications, et parfois même les cibles.
Quant à certains États arabes vassaux, leur soumission n’est plus à démontrer.
Ils ont troqué la solidarité contre des accords économiques, des promesses d’investissements, et la reconnaissance politique d’un système qu’ils dénonçaient hier avec emphase. Là où l’honneur aurait voulu qu’on résiste, ils normalisent. Là où la dignité aurait exigé un refus, ils coopèrent.
La fracture : entre les peuples et leurs dirigeants
Pourtant, le monde bouge. Mais ce ne sont pas les gouvernements qui bougent, ce sont les peuples.
De Paris à New York, d’Istanbul à Kuala Lumpur, des millions de personnes défilent, dénoncent, pleurent, crient. Dans les rues, sur les réseaux, sur les murs, dans les écoles, la cause palestinienne est plus vivante que jamais.
Ce ne sont pas des foules haineuses : ce sont des consciences qui refusent le cynisme, des gens ordinaires qui ne supportent plus que l’on écrase une population au nom de l’ordre mondial.
Et pendant que les chancelleries tergiversent, pendant que les ministres pondent des communiqués mous, des caravanes humanitaires se mettent en route.
Des bateaux civils défient les blocus. Des camions essaient de franchir les frontières. Des bénévoles sans arme, sans protection, sans soutien officiel, tentent de faire ce que vos États refusent : sauver des vies. Mais vous ne les aidez pas, vous les laissez seuls, face à la mer, face aux chars, face à votre propre lâcheté. Certains sont arrêtés, d’autres menacés, d’autres encore réduits au silence, mais ils avancent, portés par une conviction : la vie humaine ne se marchande pas.
Qui gagnera, les peuples ou les pouvoirs ?
Une question se pose désormais à voix haute : qui finira par l’emporter dans ce bras de fer historique ?
Vous, les gouvernements puissants mais isolés ? Ou eux, les peuples désorganisés mais debout ?
Vous avez les armées, les sommets, les accords.
Ils ont la mémoire, la colère, et une forme d’espoir que vous ne comprenez plus.
Et l’Histoire, celle que vous croyez pouvoir écrire à votre manière, ne se range jamais du côté des spectateurs complices.
Cette tribune est dédiée à ceux qui marchent quand les États s’immobilisent, à ceux qui soignent quand les gouvernements détruisent, et à ceux qui croient encore que la justice est plus forte que les calculs d’État.
R. Malek