À l’occasion de l’examen du Projet de loi de finances (PLF) 2026, le Front des forces socialistes (FFS) a présenté ces positions concernant les orientations budgétaires proposées par le gouvernement.
Le Parti a exprimé une série d’observations et de réserves liées tant aux fondements économiques du projet qu’aux conditions d’examen du texte au sein de l’Assemblée populaire nationale.
Présenté par l’exécutif comme “le plus ambitieux de l’histoire du pays”, le PLF 2026 serait, selon le FFS, le simple prolongement d’une politique économique fondée sur la rente pétrolière et caractérisée par un manque de rigueur budgétaire.
Avec un déficit global du Trésor dépassant les 5 000 milliards de dinars, soit 12,5 % du PIB, le texte repose sur un cadrage jugé “optimiste”, notamment en ce qui concerne les prix du pétrole. Alors que le FMI et la Banque mondiale tablent sur une fourchette de 61 à 64 dollars le baril en 2026, le gouvernement construit son budget sur un prix fiscal de 60 dollars et un prix de marché à 70 dollars, une hypothèse que le FFS considère comme non justifiée.
Le parti avertit qu’une baisse des cours entraînerait immanquablement des coupes austéritaires ou un recours accru à l’endettement.
Selon le FFS, contrairement aux engagements officiels visant à réduire la dépendance du pays à la rente, la fiscalité pétrolière représenterait près d’un tiers des recettes budgétaires de 2026, soit environ 2 700 milliards de dinars, alors même que les volumes d’exportation d’hydrocarbures devraient reculer entre 2026 et 2028.
Pour le FFS, il s’agit d’une politique «à courte vue» qui retarde la transition vers une économie productive et diversifiée. Les dépenses d’investissement, bien qu’annoncées en hausse, ne représenteraient que 23 % du budget, et une grande partie risquerait, comme chaque année, de ne pas être consommée.
Le FFS pointe un modèle budgétaire jugé incohérent et fondé sur des déficits structurels persistants : plus de 5 186 milliards de dinars en 2026 et 5 417 milliards en 2028.
Le volume des dépenses imprévues, dépassant 2 000 milliards de dinars, soit près de 12 % du budget, est qualifié de «symptôme d’une absence totale de planification».
Le FFS plaide pour une réforme fiscale profonde et pour une réorientation des dépenses vers des investissements productifs dans l’industrie, l’agriculture, la transition écologique et l’économie de la connaissance.
Auparavant, le groupe parlementaire du Mouvement de la Société de la Paix (MSP) a exprimé sa «vive indignation» face au rejet de la majorité des amendements qu’il avait déposés sur le PLF 2026. Selon son président, El Aid Boukraf, cette décision du Bureau de l’Assemblée Populaire Nationale a été prise «sans justification claire», alors que les propositions du groupe respectaient les dispositions du règlement intérieur.
Ces amendements visaient à préserver le pouvoir d’achat, renforcer l’équité fiscale, garantir l’équilibre budgétaire et soutenir un développement économique durable. Leur exclusion serait, selon le MSP, une atteinte au rôle constitutionnel de l’opposition et au principe d’impartialité des travaux parlementaires.
I. K.
