La présidente de la 11ᵉ chambre pénale de la cour d’appel d’Alger, Mme Maazouzi Fariza, a décidé de renvoyer au 16 octobre courant le procès opposant Saïda Neghza, ancienne présidente de la Confédération nationale des entrepreneurs algériens (CREA), au propriétaire de la chaîne de télévision El Hayet, notre confrère Habet Hannachi. Ce dernier accuse la mise en cause d’avoir tenu à son égard des propos diffamatoires, à la suite de la diffusion d’un entretien télévisé que Mme Neghza aurait interprété comme une attaque directe contre sa personne.
Le procès, initialement prévu pour se tenir cette semaine, n’a finalement pas eu lieu. L’avocat de la prévenue a sollicité un report de l’audience, demande acceptée par le procureur général, afin de permettre la mise en place d’une liaison audiovisuelle entre la cour d’Alger et la prison de Koléa, où est actuellement incarcérée Mme Neghza. L’avocat de la défense a également évoqué la dégradation de l’état de santé de sa cliente, estimant qu’elle n’était pas en mesure d’assister aux débats. Pour rappel, les magistrats avaient récemment rejeté la demande de liberté provisoire déposée par les avocats de l’intéressée, considérant que les arguments liés à sa santé n’étaient pas suffisamment étayés. La défense affirmait pourtant que l’état de Mme Neghza s’était nettement détérioré depuis son incarcération à Koléa le 9 juillet dernier. Elle purge actuellement une peine de quatre ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars, prononcée à son encontre dans le cadre de l’affaire dite de «l’achat de parrainages pour les élections présidentielles de 2024». Elle avait été placée sous mandat de dépôt à l’audience, avant d’être évacuée d’urgence à l’hôpital Mustapha-Pacha après un malaise, survenu une heure avant l’annonce du verdict.
Au cours du procès, le procureur général près la cour d’appel d’Alger, El Orabi Tahar, avait requis dix ans de prison ferme et une amende équivalente contre Mme Neghza, pour fraude électorale et octroi d’avantages indus. Le procureur de la République du tribunal de première instance avait, de son côté, requis huit ans de prison ferme contre les deux fils de la prévenue, également poursuivis dans le même dossier. Lors de son premier jugement, l’ancienne patronne du CREA avait déjà été condamnée à dix ans de prison ferme par le président de la 3ᵉ section du pôle financier et économique du tribunal de Sidi M’hamed, spécialisé dans les affaires de corruption et de malversation. L’audience s’était d’ailleurs déroulée dans une atmosphère particulièrement tendue. Face à la présidente du tribunal, Mme Dahmani Naïma, l’inculpée avait affirmé avec insistance que «ni elle, ni aucun autre accusé n’étaient impliqués dans cette affaire», qualifiant les accusations de sans fondement et les enquêtes préliminaires de partialement orientées.
Le procès pour diffamation, désormais fixé au 16 octobre, viendra donc s’ajouter à la longue série de procédures judiciaires qui visent Saïda Neghza aujourd’hui détenue à Koléa et dont le nom reste au cœur de plusieurs dossiers financiers et politiques.
R.H.
