En plaçant les PME, les start-ups et l’artisanat au cœur de leur stratégie commune, Alger et Douala veulent faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs et renforcer leur influence économique sur le continent.
Le Cameroun et l’Algérie franchissent un nouveau cap dans leur coopération économique. Lors d’une audience entre le ministre Achille Bassilekin III et l’ambassadeur Abdallah Boukemmache, les deux pays ont réaffirmé leur volonté de construire un partenariat solide pour soutenir les PME, les startups et le secteur artisanal.
Les discussions ont porté sur la mise en place prochaine d’un accord de coopération, le partage d’expertises en matière de financement et d’accompagnement des entrepreneurs, ainsi que sur la modernisation du secteur artisanal. L’objectif : développer un écosystème entrepreneurial dynamique à l’échelle continentale.
Le Cameroun, reconnu pour son dynamisme entrepreneurial, et l’Algérie, forte de son expérience dans l’accompagnement des startups et des artisans, souhaitent créer de nouvelles opportunités pour les jeunes créateurs et innovateurs.
Structurer l’écosystème entrepreneurial
Cette collaboration vise à faire des PME et de l’artisanat des moteurs de croissance économique, d’innovation et d’emplois durables en Afrique, consolidant ainsi la position des deux pays dans le paysage économique régional.
L’objectif est de structurer l’écosystème entrepreneurial, de stimuler l’artisanat et de partager des modèles de réussite afin de renforcer la compétitivité économique des deux nations.
Le dialogue entre les deux pays s’intensifie et porte de nouvelles ambitions économiques. À Yaoundé, l’audience entre le ministre camerounais des Petites et Moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, et l’ambassadeur d’Algérie, Abdallah Boukemmache, a scellé une volonté commune : transformer le potentiel des PME en véritable moteur de croissance.
Au cœur de cette initiative se trouve le rapprochement entre l’Agence de promotion des PME (APME) du Cameroun et l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (ANADE) algérienne.
Deux économies dynamiques et complémentaires
Ce partenariat intervient alors que les deux pays affichent une vitalité entrepreneuriale remarquable. Au Cameroun, le dynamisme est palpable avec près de 21 000 nouvelles PME créées en 2025, portant le total à plus de 444 000 entreprises. Ce tissu, composé à plus de 99% de PME, constitue la colonne vertébrale de l’économie nationale.
Côté algérien, le modèle est tout aussi robuste. Avec un parc de plus de un million d’entreprises, l’Algérie a su miser sur l’innovation et la sous-traitance pour diversifier son économie au-delà des hydrocarbures. L’ANADE s’est imposée comme un levier central, offrant un encadrement qui a permis de structurer des milliers de microprojets, notamment ceux portés par les jeunes.
Des défis communs à relever
Le binôme Cameroun–Algérie cible des enjeux communs : la transition de l’informel vers le formel, l’accès au financement et la structuration de l’artisanat. Le Cameroun souhaite capitaliser sur l’expertise algérienne, notamment en matière de chambres des métiers et de l’artisanat, afin de professionnaliser son secteur artisanal.
En retour, l’Algérie, forte de son expérience dans l’organisation de la Conférence africaine des startups, voit dans ce partenariat l’opportunité de déployer ses mécanismes d’innovation sur le continent.
Vers une véritable synergie opérationnelle
En cheminant ensemble, les deux agences ne visent pas seulement un transfert de compétences, mais aussi une véritable synergie opérationnelle. L’objectif est de créer des passerelles pour harmoniser les politiques d’accompagnement, favoriser l’innovation croisée et encourager les startups camerounaises et algériennes à collaborer sur des solutions technologiques adaptées aux réalités africaines.
Ainsi, les succès algériens peuvent renforcer le tissu industriel camerounais, et inversement.
Le ministère camerounais des PME et l’ambassade d’Algérie prévoient également de mutualiser les ressources et d’utiliser les salons professionnels, comme le Salon international de l’artisanat du Cameroun, pour offrir une vitrine internationale aux savoir-faire des deux pays.
Selon le ministre Achille Bassilekin III, ce partenariat marque le début d’une ère où la coopération Sud-Sud devient une réalité concrète. En unissant leurs forces, le Cameroun et l’Algérie se donnent les moyens de transformer leurs PME en champions locaux capables de rivaliser sur le marché continental et de répondre aux impératifs de création d’emplois durables.
Synthèse Smail R.
