Le gouvernement de Sifi Ghrieb est sur le qui-vive. Depuis plusieurs semaines, les déplacements ministériels se multiplient.
LounèsBouzegza, ministre de l’Hydraulique, s’est rendu à Batna après des visites à Mila et Oum El-Bouaghi. De son côté, Yahia Bachir, ministre de l’Industrie, était à Annaba pour superviser la relance du complexe sidérurgique d’El Hadjar, fleuron de l’industrie nationale.
Jour après jour, des membres du gouvernement sont annoncés dans différentes wilayas afin d’inspecter les projets relevant de leurs secteurs. D’autres privilégient les réunions de coordination et de suivi. C’est le cas notamment du ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, ou encore du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, qui ont présidé des réunions consacrées à l’examen de plusieurs dossiers stratégiques.
À quelques exceptions près, les membres de l’Exécutif affichent un dynamisme inhabituel depuis la proclamation définitive des résultats des élections de la dixième législature. Certes, les ministres ont reçu pour consigne d’être davantage présents sur le terrain. Mais cette intense activité intervient également dans un contexte marqué par les rumeurs persistantes d’un remaniement ministériel.
Ces déplacements et réunions visent autant à accélérer la mise en œuvre des projets qu’à convaincre le chef de l’État de l’efficacité de l’action gouvernementale. Le président Abdelmadjid Tebboune n’a, en effet, jamais caché son insatisfaction face aux performances de certains ministres.
Lors du Conseil des ministres de mai 2025, il avait appelé les membres du gouvernement à «travailler davantage et avec plus de rigueur sur le terrain afin de répondre aux véritables préoccupations des citoyens». Tout en insistant sur le «travail sérieux», il avait également mis en garde contre le «folklore médiatique», estimant que la communication ne saurait se substituer aux résultats.
Plus récemment, lors de son entretien périodique avec les représentants des médias nationaux, le président de la République a rappelé que «la compétence demeure la pierre angulaire du gouvernement».
Il a précisé que la composition du futur Exécutif continuerait de reposer sur la compétence, la capacité à assumer les responsabilités et le dévouement à l’intérêt national, tout en réaffirmant que la représentation féminine y serait préservée. Des déclarations largement interprétées comme un avertissement adressé aux ministres les moins performants.
Les nombreuses sorties de terrain interviennent ainsi sur fond d’annonce d’un remaniement jugé imminent. Pour espérer conserver leur portefeuille, les ministres sont désormais tenus de présenter un bilan convaincant. Plusieurs d’entre eux sont déjà donnés sur le départ.
Les départements dont les résultats ont suscité des critiques, ou ceux appelés à insuffler une nouvelle dynamique, pourraient connaître un changement de responsables. Les secteurs de la culture, du tourisme, de la jeunesse, des sports, du commerce ou encore de la communication figurent régulièrement parmi les ministères évoqués. Le prochain gouvernement devra, toutefois, tenir compte des équilibres politiques issus des dernières élections législatives.
Reste que la liste des ministres concernés pourrait être plus longue qu’annoncé. Une chose est sûre : la perspective de perdre un portefeuille ministériel semble avoir eu un effet stimulant sur une partie du gouvernement. Une manière de rappeler que, parfois, la menace d’un remaniement constitue le meilleur antidote à la léthargie gouvernementale.
S.R.
