Le PT, le FFS et Jil Jadid appellent à sortir de la seule gestion de l’urgence. Prévention, alerte précoce, moyens renforcés et réforme de la gestion des risques majeurs figurent au cœur de leurs revendications.
Après les incendies meurtriers qui ont touché plusieurs wilayas dans la nuit du 26 au 27 août, les réactions politiques se multiplient. Le Parti des travailleurs (PT), le Front des forces socialistes (FFS) et Jil Jadid expriment leur solidarité avec les victimes et appellent les autorités à renforcer la prévention, améliorer la prise en charge des populations sinistrées et revoir en profondeur les mécanismes de gestion des catastrophes.
Les trois formations politiques défendent notamment une approche fondée davantage sur l’anticipation que sur la seule gestion de l’urgence.
Dans une déclaration, le Parti des travailleurs s’est alarmé de la «soudaineté» et de la «violence inouïe» des incendies enregistrés notamment à Jijel, Béjaïa, Constantine, TiziOuzou, Boumerdès, Skikda et Tébessa.
Le parti souligne la rapidité et le caractère simultané de la propagation des feux, estimant que les enquêtes annoncées par les autorités devront permettre de déterminer les causes et l’origine de ces incendies.
Le PT a rendu hommage aux victimes et présenté ses condoléances à leurs familles, tout en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés, dans le contexte du deuil national de trois jours décrété à la suite de cette tragédie.
Sur le volet de la prise en charge, le parti demande que les wilayas touchées soient déclarées zones sinistrées. Cette mesure permettrait, selon lui, de faciliter l’accès des populations aux aides matérielles, aux indemnisations et aux différents dispositifs d’accompagnement.
Tout en saluant la mobilisation de la Protection civile, des forces de sécurité et des citoyens, le PT relève les difficultés rencontrées lors des interventions nocturnes, notamment l’impossibilité de mobiliser les moyens aériens dans de telles conditions.
Il appelle ainsi à l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale reposant sur la prévention, la surveillance et le renforcement des moyens humains et matériels.
Réforme de la gestion des risques majeurs
Le Front des forces socialistes estime, de son côté, que la répétition des incendies, mais aussi des inondations et autres phénomènes climatiques extrêmes, impose une refonte de la politique nationale de gestion des risques majeurs.
S’appuyant sur un bilan provisoire faisant état de 12 morts et de près de 200 blessés, ainsi que d’importants dégâts matériels, le parti exprime sa solidarité avec les populations affectées dans plusieurs wilayas, notamment Béjaïa, Jijel, TiziOuzou, Constantine, Skikda, El-Tarf, Tébessa, Médéa et Guelma.
Pour le FFS, la réponse aux catastrophes ne peut plus reposer essentiellement sur l’intervention d’urgence. Le parti appelle à instaurer une véritable culture de l’anticipation, à travers une meilleure préparation des territoires exposés et des mécanismes renforcés de protection des populations.
Il réclame notamment une réforme de la Délégation nationale aux risques majeurs, qui devrait, selon lui, bénéficier d’une autonomie réelle, de moyens suffisants et de prérogatives élargies.
Le FFS demande également le renforcement des moyens de la Protection civile et des services forestiers, l’entretien régulier des espaces forestiers, l’aménagement des pistes d’accès ainsi que la mise en place de systèmes d’alerte précoce.
Le parti renouvelle par ailleurs sa proposition de créer un Fonds de soutien aux zones montagneuses et forestières et appelle à l’organisation d’assises nationales consacrées aux risques majeurs et au dérèglement climatique.
La prévention ne peut pas être saisonnière
Le président de Jil Jadid, Lakhdar Amokrane, appelle, pour sa part,à une mobilisation permanente face au risque d’incendie.
Il insiste sur la nécessité de protéger les vies et les biens et invite les citoyens à respecter les consignes de sécurité et à signaler rapidement tout départ de feu.
Le responsable politique préconise également une coordination renforcée entre les communes, la Protection civile, les services forestiers, les forces de sécurité, les services de santé et les élus locaux.
Pour Jil Jadid, la gestion des incendies doit dépasser le cadre de l’intervention d’urgence. «La prévention ne peut pas être saisonnière», estime Lakhdar Amokrane, qui appelle à renforcer la surveillance et l’alerte précoce, à assurer l’entretien des forêts, à sécuriser les accès et à améliorer les moyens d’intervention.
À travers ces différentes propositions, les trois formations politiques convergent vers une même exigence : passer d’une logique de réaction à une politique durable d’anticipation et de prévention, afin de mieux protéger les populations, les biens et les écosystèmes face à la multiplication des risques climatiques.
Synthèse Smail Rouha
