Avec la prochaine convocation du corps électoral, les partis politiques s’apprêtent à entrer dans une nouvelle séquence électorale, entre constitution des listes, respect des nouvelles exigences réglementaires et préparation d’un scrutin appeléà renouveler les représentants locaux.
À quelques mois des élections locales prévues à l’automne 2026, les préparatifs officiels commencent à prendre forme. La convocation du corps électoral, attendue avant la fin du mois d’août, devrait constituer le point de départ du processus devant aboutir au renouvellement des Assemblées populaires communales (APC) et des Assemblées populaires de wilaya (APW).
Après l’installation de la nouvelle Assemblée populaire nationale, les autorités entament, désormais, les démarches nécessaires à l’organisation du prochain scrutin local. Celui-ci devrait se dérouler entre la fin novembre et le début décembre 2026, à l’expiration du mandat des élus issus des élections locales de novembre 2021.
Selon des informations relayées par certains médias, le président de la République devrait signer prochainement un décret portant convocation du corps électoral, conformément aux dispositions constitutionnelles et aux règles prévues par la loi organique relative au régime électoral. La convocation des électeurs s’appuie sur les dispositions de l’article 91 de la Constitution ainsi que sur la loi organique portant régime électoral.
Le décret présidentiel doit être signé au moins 90 jours avant la date du scrutin et publié au Journal officiel pour amorcer l’étape suivante. Cette étape ouvrira officiellement la séquence électorale. Elle permettra notamment d’engager la révision exceptionnelle, par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), des listes électorales à travers les communes,avant le dépôt des candidatures et l’ouverture de la campagne.
L’Anie sera chargée de superviser les différentes opérations préparatoires, notamment la mise à jour des listes électorales et l’organisation technique du scrutin.
Des candidatures soumises à des règles strictes
Les partis politiques et les candidats indépendants devront respecter plusieurs conditions pour présenter leurs listes. Celles-ci devront notamment inclure un nombre de candidats supérieur au nombre de sièges à pourvoir.
La réglementation prévoit également des obligations liées à la représentation des différentes catégories de la population. Dans les communes de plus de 20 000 habitants, un quota d’un tiers des candidatures doit être réservé aux femmes. La moitié des candidats au minimum doivent être âgés de moins de 40 ans, tandis qu’un tiers doivent disposer d’un niveau universitaire.
Pour les partis ayant obtenu plus de 4% des voix lors des précédentes élections locales ou disposant d’au moins dix élus locaux, la présentation des listes ne nécessite pas de collecte de signatures. En revanche, les autres formations politiques et les listes indépendantes devront réunir 35 signatures par siège à pourvoir dans chaque circonscription concernée.
Les critères d’éligibilité au cœur du contrôle des dossiers
Les candidats aux assemblées locales devront répondre à plusieurs exigences légales. Ils devront notamment être de nationalité algérienne, être inscrits sur les listes électorales de la circonscription concernée, avoir au moins 23 ans au moment du scrutin, être en conformité avec les obligations liées au service national et à la situation fiscale.
Les candidats ne devront également pas avoir été condamnés définitivement pour des faits incompatibles avec l’exercice d’un mandat électif.
Par ailleurs, la disposition excluant les personnes soupçonnées d’entretenir des liens avec des milieux d’affaires jugés douteux pourrait de nouveau alimenter les débats. Déjà appliquée lors des précédentes élections législatives, cette mesure avait conduit au rejet de plusieurs dossiers de candidature.
Si certains partis estiment que cette formulation laisse place à une interprétation trop large, les autorités considèrent qu’elle constitue un outil de prévention de l’influence de l’argent illégal dans la vie politique.
Les formations politiques anticipent les éventuels rejets
À l’approche du dépôt des candidatures, plusieurs partis pourraient préparer des listes de remplacement afin de répondre aux exigences légales et de pallier d’éventuelles invalidations.
Après la validation définitive des candidatures, la campagne électorale pourra débuter dans un cadre réglementé, notamment en matière de financement et de communication politique. Le processus s’achèvera avec la période de silence électoral, le vote, le dépouillement et la proclamation des résultats.
Les élections locales de 2026 s’annoncent ainsi comme une nouvelle étape importante dans le renouvellement des institutions élues au niveau communal et wilayal.
Smail Rouha
