Plusieurs ministres de la République sont en congé en ce mois d’août, préférant se retirer de la scène pour mieux appréhender une rentrée sociale qui s’annonce des plus cruciales.
Le gouvernement, dans son ensemble, est en congé. Le président de la République aurait accordé une quinzaine de jours de congé aux ministres du gouvernement Nadir Larbaoui. Du côté des députés, l’interruption a déjà commencé : les deux chambres du Parlement ont cessé de siéger le 24 juillet,
En effet, la dernière réunion du gouvernement remonte à trois semaines. Une réunion consacrée, justement, à la préparation de la rentrée sociale, la rentrée scolaire et la formation, notamment dans la perspective du lancement du baccalauréat professionnel dans 14 lycées professionnels pilotes répartis dans 13 wilayas, dans 5 filières (Énergie & Environnement, Industries manufacturières, Électronique & Mécanismes, Mécanique & Électromécanique, Agriculture) professionnelle. Certes, le Premier ministre Nadir Larbaoui, obligation diplomatique oblige, a reçu, entre temps, plusieurs ambassadeurs accrédités en Algérie, en fin de missions.
Une trêve estivale
Ainsi, à l’exception de certains, à l’image du Commerce, des Transports, de l’Intérieur, de l’Education, de l’Enseignement supérieur, et de la Formation professionnelle, auquel s’ajoute les affaires étrangères, les autres secteurs sont en mode « service minimum ». Ces ministres sont appelés à suivre avec beaucoup d’attention la gestion des affaires de leurs secteurs respectifs. Il s’agit notamment de la bonne préparation de la 4e Foire commerciale intra-africaine (IATF2025), qu’accueillera l’Algérie du 4 au 10 septembre 2025, du processus d’inscription aux universités, ou encore la situation qui prévaut durant cette période estivale marquée notamment par la recrudescence des feux de forêt et la mobilisation des hôpitaux. Cependant, les « aoutiens » seraient tenus de répondre au moindre « appel » en cas d’urgence. Notons que le départ en congé des ministres, quand bien même ils ouvrent droit, eux, également à du repos pour se ressourcer, ne suppose pas la «fermeture» durant toute cette période du département ministériel. Les ministres prennent des vacances, le personnel aussi, mais la machine gouvernementale dans son ensemble, elle, ne prend pas de congés.
Des dossiers à finalisés
Les « vacanciers » devraient rejoindre leur poste de travail au plus tard la semaine prochaine. Et pour cause, plusieurs dossiers sont en attente. Des dossiers devant être finalisés avant la prochaine réunion du gouvernement, devant être consacrée aux mesures et dispositions prises dans le cadre des préparatifs de la prochaine rentrée sociale, notamment en ce qui concerne les aspects pédagogiques et matériels relatifs aux secteurs de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle, avec la nécessité d’assurer la disponibilité et la stabilité des prix des produits de large consommation adaptés au pouvoir d’achat du citoyen, sur le marché national. Des dossiers devant être, également, examinés lors du prochain Conseil des ministres. Et cela, en attendant la reprise de la session parlementaire. Une session ayant adopté 17 projets de loi, tandis que 10 autres projets ont été reportés à la prochaine session. La plupart de ces textes sont d’ordre politique, visant à harmoniser la législation avec la Constitution de 2020. En parallèle, d’autres projets demeurent en débats dans les cercles politiques et nationaux, et devraient figurer à l’ordre du jour de la prochaine session. Leur nombre est estimé à une dizaine. Parmi ces projets, on citera la nouvelle loi électorale, qui définira le cadre juridique des prochaines échéances électorales, la loi sur les partis politiques, les codes de la commune et de wilaya, et la loi sur le partenariat public-privé (PPP).
Rationalisation des dépenses publiques
En outre, le gouvernement devra se pencher sur le projet de loi de Finances 2026. Une loi devant prendre en considération le contexte actuel, marqué par des défis économiques complexes, résultant de tensions géopolitiques et de changements climatiques. Par ailleurs, la préparation du budget devra intégrer les priorités du gouvernement, notamment à travers une sélection rigoureuse des projets selon leur caractère stratégique et leur cohérence avec les orientations de la politique nationale, l’exploitation des résultats des évaluations budgétaires déjà réalisées et la rationalisation des dépenses publiques. Le plafond des dépenses pour l’année 2026 a été fixé à 17 948,64 milliards de dinars, en hausse de 6,9 % par rapport aux 16 794 milliards de dinars inscrits au budget 2025. D’autant que le projet de budget confirme le maintien des subventions sur les produits de première nécessité et l’énergie. Aucun mécanisme de ciblage ou de révision à la baisse n’est évoqué pour 2026.
Badis B.
