Derrière le bilan tragique du drame se cachent des vies brisées et une question qui revient avec insistance : pourquoi les drames routiers continuent-ils de se répéter ? Au-delà du choc national, l’heure est à l’examen des causes profondes et à la construction d’une véritable culture de sécurité.
Un grave accident de la circulation a endeuillé, hier, la wilaya de Boumerdès. Vingt-cinq personnes ont perdu la vie et 44 autres ont été blessées après le renversement d’un bus de transport de voyageurs sur la voie d’évitement de Berrahmoun El-Kerma.
Selon un communiqué de la Protection civile, l’accident s’est produit après le dérapage d’un bus de transport de voyageurs qui a quitté sa trajectoire avant de tomber dans un ravin au niveau de la voie d’évitement de Berrahmoun El-Kerma.
Les secours sont intervenus à 9h41. D’importants moyens de la Protection civile ont été déployés sur place, en coordination avec les services médicaux et les unités de l’Armée nationale populaire (ANP), afin de procéder à l’évacuation des victimes et à la prise en charge des blessés.
Les personnes blessées ont été transférées vers plusieurs établissements hospitaliers, notamment ceux de Boumerdès, Thenia ainsi que l’hôpital Salim-Zemirli d’El Harrach, à Alger, a indiqué Nassim Bernaoui, sous-directeur des statistiques et de l’information à la Direction générale de la Protection civile.
Le Premier ministre sur les lieux du drame
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, s’est rendu sur le site de l’accident avant de visiter les blessés dans les structures hospitalières afin de s’enquérir de leur état de santé et des conditions de leur prise en charge.
Lors de sa visite, il a appelé les conducteurs, en particulier les professionnels du transport des voyageurs, à faire preuve d’une extrême prudence et à respecter scrupuleusement les règles de circulation. «Ils ont la responsabilité de la vie des passagers», a-t-il souligné.
La Protection civile a précisé que le bilan reste susceptible d’évoluer en raison de la gravité de l’état de certains blessés. Les équipes médicales poursuivent leurs efforts pour assurer les soins nécessaires.
À la suite de cette tragédie, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a décrété un deuil national de trois jours sur l’ensemble du territoire national, avec mise en berne de l’emblème national. Ce drame rappelle celui d’Oued El-Harrach, qui avait fait 18 morts et 25 blessés. À la suite de cet accident, le président de la République avait ordonné l’importation de 10 000 nouveaux bus et autocars neufs ou âgés de moins de cinq ans afin de renforcer le parc national de transport collectif.
Ouverture d’une enquête
Une enquête a été ouverte par les services compétents afin de déterminer les causes exactes du drame et d’établir les éventuelles responsabilités.
Les premières constatations indiquent que le bus a quitté sa trajectoire avant de chuter dans un ravin. Plusieurs hypothèses sont examinées, notamment l’état technique du véhicule, les conditions de circulation, la configuration de la route ainsi que les conditions de conduite au moment de l’accident.
Ce nouveau drame relance les préoccupations liées à la sécurité routière en Algérie, où les accidents de la circulation continuent d’occasionner chaque année un lourd bilan humain.
Les spécialistes rappellent que le facteur humain demeure un élément déterminant dans la majorité des sinistres. L’excès de vitesse, les dépassements dangereux, la fatigue au volant, l’usage du téléphone portable et le non-respect du code de la route figurent parmi les principales causes identifiées.
Le transport collectif fait régulièrement l’objet d’une attention particulière en raison des conséquences potentiellement graves des accidents impliquant des bus. La pression liée aux horaires, les longues distances et les contraintes professionnelles peuvent accroître les risques lorsqu’elles ne sont pas accompagnées de mesures strictes de prévention.
L’état technique des véhicules constitue également un facteur important. Un entretien insuffisant peut entraîner des défaillances mécaniques susceptibles d’aggraver les conséquences d’un accident.
Les infrastructures routières également en cause
Dans plusieurs régions du pays, notamment les zones rurales et montagneuses, la configuration des routes et leur état peuvent constituer des facteurs aggravants. Les virages dangereux, l’insuffisance de signalisation, le manque d’éclairage ou la dégradation de certaines chaussées nécessitent une vigilance accrue.
Alors que les familles des victimes vivent des moments de grande douleur, les autorités poursuivent le suivi de la situation et attendent les conclusions de l’enquête pour déterminer les circonstances exactes de cette nouvelle tragédie routière.
Smail Rouha
