Les magistrats de la chambre correctionnelle et délictuelle de la Cour suprême ont accepté les trois pourvois en cassation introduits par l’ex-avocat Amara Mohsen, relatifs aux trois condamnations fermes prononcées à son encontre. Les recours ont été déposés par son épouse, elle-même avocate inscrite au barreau d’Alger, au niveau du greffe de la plus haute juridiction du pays.
Rejeté par la majorité de ses anciens confrères, aucun avocat d’Alger n’a accepté d’assurer sa défense devant les différentes juridictions, notamment la cour d’Alger et les tribunaux d’Hussein Dey et de Sidi M’hamed. L’ancien avocat, condamné pour outrage, injures et menaces à l’encontre de magistrats et de confrères, purge actuellement une peine de prison ferme. L’un des dossiers les plus emblématiques concerne les propos injurieux tenus contre une juge de la cour d’appel d’Alger, en plein exercice de ses fonctions.
Pour ces faits, Amara Mohsen a été condamné à 18 mois de prison ferme par la première chambre pénale, après que la peine initiale – trois ans de prison prononcée par le tribunal d’Hussein Dey- a été réduite en appel. Le président de la cour, Ali Haïchour, a estimé que des circonstances atténuantes pouvaient être accordées, tandis que l’accusé, visiblement déstabilisé, est resté silencieux à l’énoncé du verdict, sous le regard en larmes de son fils. Radié du barreau de la capitale sous le mandat de l’ancien bâtonnier Abdelmadjid Sillini, Amara Mohsen devra comparaître de nouveau dans les prochains jours devant une autre chambre pénale, pour injures, menaces de mort et coups et blessures volontaires. Dans cette nouvelle affaire, il sera confronté à Me Chelli Nora Ould El Hocine, membre du conseil de l’ordre du barreau d’Alger, qui l’accuse de l’avoir insultée publiquement, devant ses collègues et des justiciables.
Un parcours judiciaire tumultueux
Ancien cadre de la Gendarmerie nationale, l’ex-avocat est également poursuivi pour outrage à un policier en service. Devant la barre, il a nié en bloc les faits, affirmant être victime d’un «coup monté» orchestré, selon lui, par «des anciens collègues devenus plaignants, dont certains avaient effectué leur stage dans [son] cabinet». Son parcours judiciaire tumultueux avait déjà conduit à sa radiation définitive du barreau d’Alger. À l’époque, Me Sellini avait déclaré publiquement : «Amara Mohsen ne fait plus partie de la corporation des avocats d’Alger. Sa radiation a été décidée à l’unanimité par le conseil de l’ordre. Il ne peut plus plaider ni se présenter comme avocat.»
Cette mise au point faisait suite à une intervention télévisée controversée de l’ex-avocat sur la chaîne Ennahar TV, où il avait accusé l’ancien bâtonnier de «considérer le bâtonnat comme une propriété privée» et d’«interdire à tout avocat de s’exprimer librement». Me Sellini avait alors répliqué en révélant que pas moins de 18 affaires pénales étaient ouvertes contre son ex-confrère, la plupart déposées par des avocats victimes d’insultes, de menaces et d’agressions verbales, y compris plusieurs femmes. Il avait également indiqué qu’Amara Mohsen avait déjà été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal de Sidi M’Hamed pour des faits similaires. Toujours incarcéré, l’ex-avocat continue de réclamer le transfert de ses dossiers vers une autre juridiction, estimant qu’il ne peut bénéficier d’un procès équitable à Alger.
R.H.
