La diaspora algérienne en France commence à émerger et à se faire remarquer. Sa présence s’affirme de plus en plus dans la vie politique française, notamment lors des élections municipales.
De nombreux citoyens d’origine algérienne, ou Franco-Algériens, s’impliquent activement dans la gestion locale, intégrant pleinement les instances municipales et contribuant à la vie politique de leurs communes.
Les élus issus de l’immigration algérienne sont de plus en plus présents dans le paysage politique français. Cette tendance souligne l’évolution de la diaspora, qui s’investit pour porter ses aspirations et participer à la gestion locale. Il est vrai que la majorité des Franco-Algériens candidats aux dernières municipales sont affiliés à La France insoumise (LFI), mais cette dynamique tend à se renforcer, laissant entrevoir de nouvelles perspectives pour les élections législatives à venir.
Exemples marquants
Après l’élection d’Idir Boumertit, député LFI, élu maire de Vénissieux (Lyon), d’autres ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Toujours dans la même ville, Issam Benzeghiba, candidat de la gauche, a été élu maire de Meyzieu au second tour, en devançant le maire sortant de droite, une ville de 40.000 habitants de la banlieue de Lyon. Abdelkader Lahmar, député LFI d’origine algérienne, a été élu maire de Vaulx-en-Velin. «C’est une victoire pour nos villes populaires discriminées et insultées. C’est un signal fort envoyé au pays (…). 2027 sera la prochaine bataille décisive. La nouvelle France peut balayer la Macronie et l’extrême droite», a-t-il déclaré.
Une députée d’origine algérienne Anaïs Belouassa-Cherifi a été élue sur la liste de Doucet. La liste gagnante de Benoît Payan à Marseille compte également plusieurs Franco-Algériens, dont Samia Ghali, ancienne sénatrice entre 2008 et 2020, et Hanifa Taguelmint. KadirMebarek a été élu à la tête de la commune de Melun, en région parisienne. Il a même réalisé une performance jamais vue depuis plus de 40 ans. Il est le premier maire à être élu à la tête de cette commune de la région parisienne dès le premier tour depuis 1983.
Melun est la ville qui a abrité les premiers pourparlers entre le FLN et le gouvernement français en 1960. «Je suis le premier maire de Melun dont l’origine historique et familiale plonge au-delà de la Méditerranée, précisément d’Algérie», a tenu à souligner Mebarek lors de son investiture, dimanche dernier.
«Qu’un maire élu dès le premier tour, premier depuis 40 ans à réaliser cette performance, rappelle dans son investiture que son origine familiale plonge en Algérie n’est pas un détail biographique. C’est un fait politique, symbolique et historique» a-t-il commenté sur LinkedIn. «Il ne s’agit pas ici de nostalgie, ni de repentance, ni de posture. Il s’agit d’un mouvement plus puissant : celui par lequel l’histoire longue, les héritages familiaux, les ancrages populaires et la légitimité démocratique finissent par se rejoindre», a-t-il tenu à ajouter.
Un rôle actif dans la vie locale
À Paris, la candidate de La France insoumise (LFI), Sophia Chikirou, elle aussi d’origine algérienne, a réalisé un excellent score, arrivant troisième avec 8% des voix derrière le vainqueur Emmanuel Grégoire et Rachida Dati. À Lille, LahouariaAddouche, candidate franco-algérienne de LFI, a cru jusqu’à la dernière minute en ses chances de devenir maire de cette grande ville du nord de la France.
Avec un tiers des voix, elle a terminé deuxième derrière le maire sortant socialiste Arnaud Deslandes. À Vitry-sur-Seine, Faycal Kaddour, président de l’association Djazapora, a été élu sur la liste du Nouveau front populaire de Vitry-sur-Seine menée par le maire sortant Pierre Bell-Lloch.
«Un grand merci au sénateur AkliMellouli pour ses conseils et sa bienveillance et à la députée Sabrina Sebaihi pour son soutien constant», a-t-il réagi sur LinkedIn. AkliMellouli et Sabrina Sebaihi sont respectivement sénateur et député écologiste d’origine algérienne.
Ces victoires symbolisent la convergence entre héritages familiaux, ancrages populaires et légitimité démocratique. Elles montrent que la diaspora algérienne joue désormais un rôle actif dans la vie municipale française, contribuant à redessiner le paysage politique et à préparer de nouveaux enjeux pour les prochaines élections nationales.
H.A
