L’Algérie et la France ont pratiquement soulevé tous les obstacles qui empêchaient une réconciliation effective.
La visite de deux jours (Lundi et mardi) à Paris du ministre de l’Intérieur, Said Sayoud a peut être aplani toutes les difficultés rencontrés a ce jour à commencer par le plus emblématique l’accord de 68 qui régit les deux pays sur la présence de l’immigration algérienne sur le territoire français.
Et comme attendu, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a été reçu mardi au Palais de l’Elysée, par le président français, Emmanuel Macron, avant la tenue d’une séance de travail élargie, en présence du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez a indiqué un communiqué du ministère.
«Ravi d’avoir accueilli à Paris mon homologue Saïd Sayoud (…) pour poursuivre nos échanges sur les principales thématiques d’intérêt commun pour nos deux pays dans l’objectif d’amplifier les résultats déjà obtenus sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la criminalité organisée, les questions migratoires», se félicitait Laurent Nuñez sur X.
Pendant deux jours (1er-2 juin), le ministre de l’Intérieur recevait son homologue algérien, Saïd Sayoud, afin de mener une série d’échanges confirmant une volonté commune de renforcer la coopération franco-algérienne. Premier accord et non des moindres celui du dossier de l’accord de 1968 sur l’immigration.
«Au sujet de l’accord algéro-français de 1968, les parties ont décidé de travailler sur la base de propositions concrètes à venir à l’initiative de la France pour le faire évoluer», affirme la même source. À l’issue de ces échanges, les deux pays ont «décidé de travailler sur la base de propositions concrètes à venir à l’initiative de la France pour le faire évoluer». Le document a rendu compte des résultats des échanges entre les délégations des deux pays.
Toujours sur la question migratoire, les deux parties, a ajouté la même source, «ont convenu de renforcer la gouvernance et les canaux de communication opérationnels dans le cadre d’une approche globale incluant les mobilités légales, les retours et la lutte contre l’immigration irrégulière. La révision de l’accord de 1968 a été une demande par la partie française depuis 2024 prise lors d’une rencontre entre le ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñez et son homologue algérien Saïd Sayoud.
Cela signifie que ce dossier très sensible sera rouvert pour une nouvelle renégociation. «La question de l’accord franco-algérien de 1968 a également été abordée dans les échanges, les parties ayant décidé de travailler sur la base de propositions concrètes à venir à l’initiative de la France pour le faire évoluer», détaille le communiqué du ministère français.
En novembre 2025, l’assemblée française a adopté une résolution, proposée par le Rassemblement national (RN), visant à dénoncer cet accord. En réaction, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, avait affirmé qu’il «s’agissait d’une affaire franco-française. Le gouvernement français ne nous a rien dit à ce sujet et donc sur le fond, nous ne réagissons pas», avait déclaré le chef de la diplomatie algérienne. Et d’ajouter:
«C’est attristant de voir un pays aussi grand que la France faire de l’histoire d’un autre pays, indépendant, souverain, l’objet d’une compétition électorale anticipée».
Laissez-passer consulaires : les consulats algériens pleinement mobilisés
Sur la question migratoire, les deux parties ont également avancé. Le ministère français de l’Intérieur indique à ce propos que les discussions, «franches et pragmatiques», ont permis de confirmer la reprise d’une «coopération loyale» pour permettre une «montée en puissance des retours».
Cela concerne concrètement l’expulsion des Algériens en situation irrégulière en France, faisant l’objet d’obligations de quitter le territoire français (OQTF), l’une des questions à l’origine de la crise qui a duré près de deux ans entre les deux pays.
Le communiqué des autorités françaises précise d’ailleurs que «l’ensemble des consulats présents en France sont désormais pleinement mobilisés». Des laissez-passer consulaires, requis pour l’exécution des éloignements des personnes en situation irrégulière, seront délivrés par les autorités consulaires algériennes.
Parmi les axes de travail prioritaires identifiés par les deux parties figurent la lutte contre la criminalité organisée, la lutte contre le narcotrafic, l’immigration irrégulière et la fraude documentaire.
Paris et Alger envisagent des états des lieux conjoints sur les menaces et les filières identifiées. Les discussions ont également été l’occasion d’évoquer le cas du journaliste Christophe Gleizes. Les avocats du journaliste ont annoncé hier la clôture de la procédure judiciaire, dernier obstacle à une grâce présidentielle.
La Cour suprême algérienne a rejeté le 25 mai le pourvoi en cassation du parquet, clôturant définitivement la procédure judiciaire contre le reporter français emprisonné depuis un an. Sa libération dépend désormais d’un décret de grâce du président Tebboune.
Dans un arrêt rendu le 25 mai, la Cour suprême a «définitivement statué» et «pris acte du désistement du pourvoi» de Christophe Gleizes et a «rejeté au fond» celui introduit par le parquet, ont déclaré les avocats Amirouche Bakouri et Emmanuel Daoud dans un communiqué. Ce pourvoi en cassation déposé par le procureur général constituait le dernier obstacle à une éventuelle grâce présidentielle.
H. Adryen
