Le procès de l’ex-wali délégué de la circonscription administrative de Bir Mourad Raïs, Dliba Abdelaziz, s’ouvrira ce lundi devant le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed. Le mis en cause devra répondre de lourdes accusations : abus de pouvoir, trafic d’influence, détournement et dilapidation de deniers publics, ainsi qu’utilisation de sa fonction à des fins personnelles.
L’ancien responsable a été arrêté puis présenté au parquet du tribunal de Bir Mourad Raïs, avant que ce dernier ne se dessaisisse du dossier au profit du procureur de la République de Chéraga, en raison du poste qu’occupait l’accusé entre 2021 et juillet 2023. L’affaire a ensuite été transférée au tribunal de Médéa pour complément d’enquête. Le procureur de Médéa a sollicité l’ouverture d’une instruction judiciaire.
Sur la base des investigations menées, le juge d’instruction a ordonné le placement de Dliba Abdelaziz sous contrôle judiciaire, assorti d’une interdiction de quitter le territoire national et de la confiscation de son passeport. Ces mesures ont été décidées à la suite d’informations communiquées par l’ex-chef de la sûreté de daïra de Bir Mourad Raïs, Ferrah Ali, qui aurait alerté à l’époque l’ex-directeur général de la Sûreté nationale, Bencheikh, lui-même aujourd’hui incarcéré sur décision de la justice militaire pour des faits de trahison et d’espionnage au profit d’un pays étranger. Les avocats de Dliba Abdelaziz ont, pour leur part, dénoncé les « dépassements » de l’ancien chef de la sûreté locale et plaidé que leur client est victime d’une instrumentalisation. Le procureur général près la cour d’Alger a alors ordonné l’ouverture d’une enquête parallèle, à l’issue de laquelle le mis en cause a été remis en liberté sous conditions. Selon la défense, l’ex-wali délégué est poursuivi principalement pour enrichissement illicite, abus d’autorité et trafic d’influence. Il lui est aussi reproché d’avoir entravé l’exécution de décisions administratives relevant des services de l’urbanisme de la commune de Bordj El Kiffan.
Cependant, deux élus des communes de Saoula et de Gué de Constantine, qui avaient initialement déposé plainte contre lui, ont récemment décidé de retirer leurs plaintes. Le juge d’instruction du tribunal de Médéa a alors renvoyé toutes les parties devant le président du pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, compétent pour les affaires de malversation et de corruption.
R.H.
