Le procès en appel après cassation des frères Kouninef, poursuivis dans une vaste affaire de corruption, a été renvoyé au 18 novembre par la présidente de la 10ᵉ chambre pénale de la cour d’Alger, Mme Dahmani Naïma.
Par Redouane Hannachi
Cette nouvelle audience intervient après l’annulation, par la Cour suprême, des précédents jugements rendus en 2020 par le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, qui avait prononcé de lourdes condamnations contre les membres de la famille Kouninef, proches de l’ancien cercle présidentiel. Lors du premier jugement, Réda Kouninef avait écopé de 16 ans de prison ferme et d’une amende de 8 millions de dinars, tandis que Tarek-Noah Kouninef avait été condamné à 15 ans de prison, assortis de la même amende. Leur frère Abdelkader-Karim Kouninef avait, pour sa part, été condamné à 12 ans de réclusion. Les trois frères, ainsi que leur sœur Souad-Nour Kouninef, ont vu leurs biens saisis en Algérie et à l’étranger, conformément à la décision du tribunal. En fuite à l’étranger, Souad-Nour Kouninef avait été condamnée par contumace à 20 ans de prison ferme, avec confiscation totale de ses avoirs et émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre. Le gérant du groupe KouGC, Kaddour Bentahar, société appartenant aux frères Kouninef, avait également été condamné à 8 ans de prison ferme, tandis que Makraoui Hassiba avait écopé de 3 ans de prison et d’une amende de 500 000 dinars avant de bénéficier d’une relaxe partielle. Quant à Rarah Abdelaziz, il avait été condamné à 3 ans de prison ferme et à une amende d’un million de dinars.
Les chefs d’inculpation retenus contre les principaux accusés sont nombreux : trafic d’influence, blanchiment d’argent, obtention d’avantages indus, détournement de fonciers et de concessions publiques, ainsi que non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics. La Cour suprême avait accepté les pourvois en cassation introduits par la défense, estimant nécessaire un réexamen complet de l’affaire. Le nouveau procès devrait permettre aux prévenus de présenter leurs arguments devant la juridiction d’appel, dans un dossier emblématique de la lutte contre la corruption.
R.H.
