La « stratégie de lutte contre les inondations», adoptée en 2020, qui a identifié 850 sites à risque, dont 50 classés comme très dangereux.
Le directeur de l’assainissement et de la prévention des risques d’inondations au ministère de l’Hydraulique, Charif Aïssiou, a affirmé que l’Algérie connaît, depuis près de vingt ans, des changements climatiques notables, notamment en ce qui concerne les volumes de précipitations. Ces mutations ont eu un impact direct sur les réseaux d’assainissement, ce qui a conduit le ministère à adopter une politique axée sur la prévention et l’anticipation.
Celle-ci repose notamment sur le curage des réseaux d’assainissement et des oueds afin d’éviter leur obstruction et de limiter les inondations. Invité, hier, de l’émission « L’Invité du matin » sur la Chaîne 1 de la radio nationale, M. Aïssiou a révélé que le dernier recensement, réalisé à la fin de l’année 2024, a dénombré environ 13 500 points noirs à travers le pays.
Ce chiffre est en baisse grâce aux nouveaux programmes mis en œuvre en collaboration avec les collectivités locales. Il a également évoqué la « stratégie de lutte contre les inondations», adoptée en 2020, qui a identifié 850 sites à risque, dont 50 classés comme très dangereux.
Il a précisé que les études techniques ont été achevées dans 16 wilayas, tandis que les travaux se poursuivent dans 14 autres, et que des projets sont en phase de lancement dans 11 wilayas supplémentaires.
Il a souligné que les opérations de curage sont programmées de manière périodique, avec l’inscription de nouveaux projets chaque année et l’actualisation des schémas directeurs, afin de les adapter aux changements climatiques et à l’extension urbaine.
Il a ajouté que le problème ne réside pas uniquement dans la capacité des réseaux, mais qu’il est également aggravé par les comportements inciviques de certains citoyens, tels que le jet de déchets, de plastiques et de déblais dans les canalisations, ou encore l’abandon des résidus de chantiers à proximité de celles-ci sans nettoyage.
L’invité de la Chaîne 1 a estimé que la situation générale du réseau d’assainissement demeure acceptable, malgré l’existence de certaines parties anciennes nécessitant une réhabilitation pour mieux s’adapter à des prévisions climatiques de plus en plus variables.
Il a rappelé qu’alors que les pluies prévues ne dépassaient pas auparavant 20 mm, elles peuvent aujourd’hui atteindre parfois 120 mm, ce qui a poussé les pouvoirs publics, ces dernières années, à accélérer le renouvellement des réseaux d’assainissement, en coordination avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, et à y consacrer des enveloppes financières dans la loi de finances. M. Aïssiou a également précisé que l’Algérie s’appuie essentiellement sur un réseau unitaire pour l’évacuation des eaux usées et des eaux pluviales, couvrant environ 93 % du territoire national, 96 % des zones urbaines et près de 75 % des zones hors agglomérations, pour une longueur totale estimée à 97 000 kilomètres.
M. Aïssiou a aussi abordé le problème de la remontée des eaux usées dans les wilayas du Sud, notamment à El Oued et Ouargla, et les risques qu’elle fait peser sur la pollution des nappes phréatiques. Il a expliqué que le secteur a mis en œuvre des programmes en quatre phases, actuellement à la dernière étape, ce qui a permis de réduire considérablement les inondations dans ces deux wilayas.
110 millions de M3 d’eaux traitées destinés à l’agriculture
S’agissant du secteur agricole, le responsable a indiqué que le secteur de l’hydraulique se concentrait auparavant uniquement sur la protection de l’environnement.
Aujourd’hui, conformément aux orientations du président de la République depuis novembre 2023, il s’oriente vers l’utilisation des eaux usées traitées dans plusieurs domaines, notamment l’agriculture, l’industrie et les services. Dans ce cadre, 21 projets ont été réalisés ou sont en cours de réalisation, dont 18 stations d’épuration, avec la remise en service des stations à l’arrêt et l’augmentation de leurs capacités.
Le recours au traitement tertiaire a été adopté afin de permettre l’utilisation de ces eaux pour l’irrigation de diverses cultures agricoles, telles que les céréales et les légumes.
Le volume d’eau actuellement destiné à l’agriculture est estimé à 110 millions de mètres cubes. Il a également révélé l’existence de 27 stations à l’arrêt faisant l’objet d’opérations de maintenance. Avec l’achèvement de 75 nouvelles stations actuellement en réalisation, la capacité de traitement des eaux devrait atteindre un milliard de mètres cubes par an au cours des deux prochaines années.
- Z.
