La lutte contre les addictions exige une approche globale fondée sur la prévention, la prise en charge thérapeutique, la réinsertion et la coordination entre tous les acteurs concernés.
Le renforcement de la lutte contre les addictions et l’amélioration de la prise en charge des personnes concernées figurent parmi les priorités des pouvoirs publics. C’est dans cette perspective que le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a présidé, hier, à Alger, l’ouverture d’une rencontre nationale consacrée au renforcement des capacités des professionnels exerçant dans les centres de traitement des addictions.
Organisée à l’École nationale de management et d’administration de la santé de La Marsa, à Bordj El Bahri, cette rencontre a réuni des cadres de l’administration centrale, des experts algériens et internationaux, des universitaires ainsi que des représentants de plusieurs secteurs concernés par cette problématique. L’objectif affiché est de consolider les compétences des intervenants et d’améliorer la qualité des services de prévention, de traitement et de réinsertion destinés aux personnes souffrant d’addictions.
Un dispositif national en constante expansion
Dans son allocution d’ouverture, le ministre a souligné que cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts continus déployés pour développer les mécanismes de prise en charge et adapter les réponses sanitaires à l’évolution du phénomène. Il a rappelé que l’Algérie a progressivement renforcé son dispositif depuis la création des premiers centres spécialisés à la fin des années 1990.
Aujourd’hui, le réseau national compte cinq centres hospitalo-universitaires spécialisés dans le traitement des addictions et cinquante centres de soins ambulatoires répartis à travers le territoire national. Cette couverture permet de rapprocher les services de prévention et de traitement des citoyens, tout en répondant à une demande croissante en matière de soins spécialisés.
Le ministre a également mis en avant les efforts engagés par l’État pour faire face aux différentes formes d’addiction et limiter leurs conséquences sanitaires, sociales et économiques. Il a rappelé que cette démarche s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui accorde une importance particulière à la lutte contre les fléaux sociaux et notamment contre la consommation de drogues.
Une approche multisectorielle
Face à un phénomène qui touche plusieurs catégories de la société, les autorités misent sur une approche globale associant prévention, soins, accompagnement psychologique et réinsertion. Pour Mohamed Seddik Aït Messaoudène, la réussite de cette stratégie passe nécessairement par une meilleure coordination entre les différents acteurs concernés.
C’est dans cet esprit que le ministre a insisté sur l’importance du dialogue et de la coopération entre les secteurs directement impliqués dans ce dossier, notamment ceux de la santé et de la justice. Il a estimé que la lutte contre les addictions ne peut être efficace sans une approche multisectorielle fondée sur la complémentarité des missions et la convergence des efforts.
Au-delà des aspects organisationnels, cette rencontre vise également à renforcer les compétences des professionnels de santé confrontés quotidiennement à la prise en charge des patients souffrant de troubles addictifs. Les participants ont ainsi bénéficié d’un programme scientifique riche comprenant plusieurs communications animées par des experts nationaux et internationaux.
Ces interventions ont permis de présenter les dernières avancées scientifiques dans le domaine des addictions, les nouvelles approches thérapeutiques ainsi que les pratiques cliniques reconnues à l’échelle internationale. Elles ont également offert un espace d’échange d’expériences et de partage des bonnes pratiques entre les différents intervenants.
Le ministre a, par ailleurs, salué le travail des formateurs et des experts mobilisés pour l’encadrement de cette rencontre, mettant en avant leur contribution à l’amélioration des compétences professionnelles et à la diffusion des connaissances scientifiques les plus récentes.
Des recommandations attendues
À l’issue des travaux, les participants sont appelés à formuler des recommandations susceptibles de contribuer à l’élaboration de nouveaux mécanismes d’organisation et de coordination. Ces propositions devraient permettre de renforcer le cadre réglementaire, de clarifier les responsabilités des différents intervenants et d’améliorer davantage le système national de prévention et de prise en charge des addictions.
À travers cette rencontre, les autorités sanitaires réaffirment leur volonté de faire de la lutte contre les addictions un chantier permanent, fondé sur la formation continue, l’expertise scientifique et la coopération intersectorielle, afin de mieux protéger la santé publique et d’offrir aux personnes concernées des perspectives réelles de rétablissement et de réinsertion.
R.N
