Les compagnies italiennes ont mis fin au quasi-monopole français sur ces lignes.
Les compagnies maritimes italiennes sont en passe de détrôner leurs concurrentes françaises sur le marché du transport maritime entre l’Europe et l’Algérie. Cette évolution s’explique à la fois par la tensions diplomatiques algéro-françaises et par le rapprochement stratégique entre Alger et Rome, particulièrement dynamique depuis plus de trois ans.
La concurrence s’illustre principalement par le face-à-face entre la compagnie française Corsica Linea et l’italienne Grandi Navi Veloci (GNV), dont les effets devraient se renforcer à l’horizon 2026. Longtemps dominante sur ce segment, la compagnie française voit aujourd’hui son leadership remis en question.
En 2025, Corsica Linea a assuré environ 40 liaisons maritimes vers l’Algérie au départ du port de Sète. Entrée sur ce marché durant l’été, GNV a rapidement gagné du terrain en opérant près de 60 traversées durant la même période, mettant fin au quasi-monopole français sur ces lignes.
GNV double Corsica Linea
La tendance devrait s’accentuer en 2026. Selon le quotidien français Midi Libre, Corsica Linea a obtenu le feu vert pour son plan de flotte 2026 sur les liaisons Sète-Algéries. Elle devrait, ainsi, gagner au total une vingtaine d’escales de plus sur toute l’année, Ce qui lui permettrait de porter à 60 liaisons maritimes annuelles vers l’Algérie, contre plus de 100 pour GNV. Entre janvier et la mi-juin 2026, la compagnie française prévoit 18 traversées, tandis que sa concurrente italienne en programmera 44 à destination d’Alger et de Béjaïa, soit plus du double.
Cette montée en puissance italienne intervient alors que Corsica Linea dominait largement le marché algérien depuis plusieurs décennies, notamment en raison de la faiblesse de la flotte nationale algérienne de transport maritime.
Inquiétudes des syndicats français
L’offensive de GNV suscite de vives inquiétudes au sein des syndicats de Corsica Linea, en particulier ceux affiliés à la Confédération générale du travail (CGT). Les représentants syndicaux alertent sur les risques pesant sur l’emploi des marins et des travailleurs français, redoutant des suppressions de postes liées à la perte de parts de marché en Algérie.
Plaidoyer pour un dialogue algéro-français
Dans une lettre adressée à leurs responsables, les syndicats appellent le gouvernement français et les autorités de la région Occitanie à intervenir afin de préserver la position de Corsica Linea sur les liaisons avec l’Algérie. Toutefois, le contexte diplomatique tendu entre Paris et Alger réduit les perspectives d’une issue favorable.
Les syndicats proposent également la mise en place d’un programme complémentaire de transport de passagers entre la France et l’Algérie, en appui au port de Marseille, estimant cette mesure indispensable au maintien de l’emploi. Ils plaident enfin pour l’ouverture d’un dialogue entre les autorités françaises, algériennes et les acteurs du secteur afin de garantir l’avenir de la compagnie et de ses salariés.
R.E.
