La députée Mathilde Panot (LFI) a créé la polémique en appelant, dans une intervention musclée, à l’expulsion de l’ambassadeur sioniste en France.
Selon elle, il n’est plus possible «d’admettre plus longtemps sur notre territoire le représentant d’un État qui commet un génocide» et qui «insulte le président de la République, donc l’ensemble du peuple français».
Ces mots, d’une rare intensité dans l’arène politique, s’inscrivent dans un climat tendu autour du conflit israélo-palestinien et du rôle de Paris face à Tel-Aviv.
La députée a rappelé que la France n’est pas condamnée à la passivité et a cité l’exemple de la Colombie, dont le président Gustavo Petro a récemment expulsé la mission diplomatique israélienne en réaction aux bombardements sur Ghaza.
Elle a estimé que la France devait, elle aussi, prendre ses responsabilités : «Il n’est pas possible d’admettre sur notre sol le représentant d’un État qui kidnappe de manière illégale une mission humanitaire parfaitement légale», a-t-elle insisté, en référence aux saisies de convois internationaux et à l’affaire de la flottille Sumud.
Mathilde Panot a aussi dénoncé les «menaces de mort à peine voilées» proférées par l’ambassadeur israélien contre les militants solidaires de Ghaza, allant jusqu’à ironiser sur leur sécurité. Pour elle, de tels propos franchissent une ligne rouge : «Quand un diplomate se permet d’intimider des citoyens français engagés dans une action pacifique, il n’a plus rien à faire dans notre pays».
Le ton se durcit également contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, accusé par l’élue insoumise d’«insulter le président de la République». «En s’attaquant ainsi à la plus haute autorité de l’État, il insulte en réalité tout le peuple français», a-t-elle martelé.
Cette sortie, qui mêle défense de la souveraineté nationale et dénonciation du «génocide» à Ghaza, illustre la radicalisation du discours de LFI face à une diplomatie française jugée trop conciliante avec l’entité israélienne.
Cette déclaration explosive intervient dans un contexte où l’opinion publique française se montre de plus en plus divisée : une partie exige fermeté contre Tel-Aviv, une autre défend la relation stratégique.
En appelant à un acte diplomatique aussi radical, Mathilde Panot pose la question du seuil de tolérance : jusqu’où la France peut-elle maintenir un représentant diplomatique d’un État accusé par l’ONU de violations massives du droit international ?
Ce coup de tonnerre parlementaire pourrait bien marquer une étape dans le débat hexagonal sur la politique étrangère française au Proche-Orient, à l’heure où Emmanuel Macron cherche à maintenir une position d’équilibre fragile entre solidarité humanitaire, alliances stratégiques et pression des opinions publiques.
Samir Méhalla
