À l’approche des élections législatives du 2 juillet prochain, la scène politique nationale connaît une effervescence notable.
Ce regain d’activité traduit une mobilisation des différentes formations politiques, déterminées à se positionner dans une compétition qui s’annonce décisive. Plusieurs partis ont ainsi lancé des campagnes de renouvellement en interne, en ouvrant largement leurs listes de candidature à de nouveaux profils, notamment des jeunes cadres et des compétences émergentes.
Cette dynamique concerne particulièrement les formations qui avaient choisi, par le passé, de boycotter les échéances électorales et qui signent aujourd’hui leur retour dans l’arène politique. Le Rassemblement national démocratique (RND) a intensifié ses activités de terrain. Son secrétaire général, Monder Bouden, a multiplié les rencontres avec les militants et cadres du parti afin de renforcer la mobilisation interne.
Il a insisté sur la nécessité d’une participation massive aux législatives, estimant que le climat politique actuel est propice à un scrutin «transparent et libre», à la hauteur des attentes des citoyens. Le dirigeant a également appelé à une sélection rigoureuse des candidats, fondée sur la compétence et la capacité à représenter efficacement la population.
«Le climat politique actuel encourage la participation à ces élections», a déclaré Bouden, se disant convaincu que le scrutin se déroulera dans «la transparence et la liberté, à la hauteur des aspirations du peuple». Il a également appelé à «renforcer la sensibilisation au sein de toutes les catégories sociales pour préserver les acquis nationaux».
Renforcer la crédibilité de l’action politique
De son côté, le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, a interpellé les pouvoirs publics lors de la session ordinaire du conseil national du parti, plaidant pour «une volonté sincère d’ouverture politique et médiatique, au-delà de la logique électoraliste».
«Il est impératif de rompre définitivement avec toute posture de suspicion ou de diabolisation des voix discordantes, en particulier lorsqu’elles émanent d’une opposition démocratique, patriotique et responsable», a-t-il martelé.
Par ailleurs, Aouchiche a mis en garde contre «les populismes et les bouffonneries» qu’il qualifie de «dérives dangereuses qui appauvrissent la vie politique et fragilisent la démocratie, encourageant la dépolitisation». Selon lui, «réduire les élections législatives à une simple course aux sièges est une grande supercherie qui porte atteinte à l’essence même de la représentation nationale» et constitue «une menace réelle, non seulement pour la démocratie, mais également pour la continuité et la stabilité des institutions de l’État». Hier, le FFS était sur le terrain.
Son premier secrétaire national a animé une conférence politique à Tigzirt (Tizi-Ouzou), où il a rappelé que la participation du FFS à ce rendez-vous électoral vise à «réhabiliter l’action politique en instaurant une pratique politique responsable et engagée».
Le MSP ouvre ses listes à la diaspora
Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), a, pour sa part, annoncé l’ouverture des candidatures aux Algériens résidant à l’étranger, dans le cadre de sa stratégie «d’intégration des compétences nationales». Cette initiative vise, selon le MSP, à «enrichir le débat démocratique par l’apport d’expertises variées et à renforcer le lien entre la diaspora et les enjeux nationaux».
Le FLN active sa machine électorale
Le Front de libération nationale (FLN) n’est pas en reste. Son secrétaire général, Abdelkrim Benmbarak, a récemment lancé la commission nationale chargée de la stratégie des législatives. Une plateforme numérique a également été déployée pour le dépôt des candidatures «afin de garantir la transparence», selon Benmbarak, qui a insisté sur «la mobilisation générale du parti pour obtenir des résultats à la hauteur de son histoire».
Le responsable politique a insisté sur l’état de préparation avancé du FLN, affirmant que le parti aborde ces rendez-vous électoraux «avec confiance et disponibilité», dans un esprit de responsabilité et de discipline. Il a souligné que les préparatifs ont été engagés de manière «sérieuse et organisée», reposant sur une vision claire et des mécanismes précis.
Par ailleurs, le secrétaire général a réitéré son engagement à garantir l’égalité des chances pour tous les militants souhaitant se porter candidats, affirmant qu’«aucune exclusion ni marginalisation» ne sera tolérée. Les critères de sélection reposeront, a-t-il précisé, sur la compétence, la probité, l’adhésion populaire et le respect des valeurs du parti.
À mesure que l’échéance électorale se rapproche, ces initiatives témoignent d’un paysage politique en recomposition, partagé entre volonté de renouveau et ambitions de reconquête institutionnelle.
I. Khermane
