Louisa Hanoune a rappelé que la législation prévoit qu’un parti qui s’abstient de participer à deux échéances électorales consécutives risque de perdre son agrément légal.
La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a indiqué, hier, que la participation de son parti aux prochaines législatives répond à la fois à une nécessité politique et juridique.
Lors d’une rencontre de wilaya avec les militants et les candidats du parti à Alger, consacrée principalement à l’évaluation de la première phase de préparation des prochaines élections législatives, Louisa Hanoune a rappelé que la législation prévoit qu’un parti qui s’abstient de participer à deux échéances électorales consécutives risque de perdre son agrément légal.
Elle a assuré que son parti souhaite continuer à exercer ses activités dans le cadre de la légalité, tout en participant à la «reconstruction institutionnelle» du pays.
La cheffe du Parti des travailleurs a insisté sur la forte présence des jeunes sur les listes du parti, affirmant que l’objectif est de préparer une nouvelle génération de responsables politiques. Selon elle, la majorité des candidats ont moins de 40 ans et manquent encore d’expérience électorale, d’où la nécessité de les former à l’action politique et parlementaire.
Elle a estimé que cette expérience a permis de révéler de nouveaux cadres politiques et de mesurer les forces et les faiblesses organisationnelles du parti à travers le territoire national.
Une campagne jugée «difficile»
Louisa Hanoune a évoqué les obstacles rencontrés durant la campagne de collecte des parrainages. Le parti affirme avoir retiré des dossiers de candidature dans 54 wilayas, mais n’avoir finalement pu déposer des listes que dans 31 wilayas.
La responsable politique a dénoncé des dysfonctionnements au niveau des administrations locales, notamment dans les APC, où les opérations de légalisation des signatures auraient été perturbées pendant plusieurs jours. Selon elle, de nombreuses communes n’auraient pas respecté les horaires d’ouverture élargis décidés par le ministère de l’Intérieur pour faciliter la validation des formulaires.
«Nous avons perdu près de quinze jours», a-t-elle regretté, évoquant également des «pressions politiques locales» ainsi que l’existence de «réseaux d’influence» dans certaines wilayas ayant compliqué la campagne de terrain.
Toutefois, Louisa Hanoune estime que le parti a réussi à démontrer son implantation nationale. À Alger, elle affirme que plus de 58 000 signatures ont été recueillies, après vérification de leur conformité.
«La confiance des citoyens doit être restaurée»
La secrétaire générale du Parti des travailleurs a également évoqué l’état de l’opinion publique, appelant à restaurer la confiance des citoyens. Selon elle, une partie importante de la population se montre déçue par l’action politique et électorale.
Elle distingue plusieurs catégories : ceux qui considèrent que «les élections ne changent rien», ceux qui doutent de la transparence du scrutin, ceux qui craignent de signer des formulaires de soutien et, enfin, les nombreux citoyens non inscrits sur les listes électorales.
Pour Louisa Hanoune, cette situation traduit une crise de confiance profonde nécessitant un important travail de sensibilisation politique. Elle a appelé les militants à poursuivre les campagnes d’explication auprès de la population afin d’encourager la participation citoyenne.
Défense de la souveraineté économique
Sur le plan national, Louisa Hanoune a salué la décision des autorités accordant à Sonarem l’exclusivité de l’exploitation du phosphate. Elle a estimé que cette mesure est conforme à l’article 20 de la Constitution relatif à la propriété collective des ressources minières.
Elle a plaidé pour une généralisation de ce type de décisions à d’autres secteurs stratégiques relevant, selon elle, du patrimoine national.
Questions internationales et situation régionale
La dirigeante du Parti des travailleurs a également évoqué la situation internationale, notamment la guerre à Ghaza, les tensions au Liban et la situation au Moyen-Orient. Elle a affirmé que son parti avait suivi de près les événements internationaux durant toute la période de collecte des signatures, notamment les arrestations de militants engagés dans des actions de solidarité avec la Palestine.
Elle a, par ailleurs, dénoncé «l’escalade impérialiste» et ses répercussions économiques mondiales, estimant que ces crises internationales imposent de «renforcer la protection politique, économique et sociale du pays».
I. Khermane
