Une rencontre, ou au moins un échange, pourrait se tenir lors du sommet de Johannesburg.
Dans moins d’une semaine s’ouvrira le sommet du G20 à Johannesburg en Afrique. Pour cette édition, l’Algérie a été invitée à participer à ce sommet du G20 qui se tiendra du 22 au 23 novembre. C’est la seconde fois que l’Algérie participe à un sommet au plus haut niveau, qui regroupe les meilleures économies du monde puisque le président Tebboune a annoncé sa participation à ce sommet. En 2024, le président Tebboune a participé à Rome à un sommet du G7 à l’invitation du Premier ministre Giorgia Meloni. En plus des membres du G20 et de l’Union africaine, récemment intégrée à cette organisation influente, l’Afrique du Sud a invité l’Algérie, le Nigéria, l’Éthiopie et l’Égypte en tant que représentants stratégiques du continent africain. Cette invitation souligne le rôle croissant de l’Algérie en tant qu’acteur clé dans les affaires régionales et mondiales.
En février dernier, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf a participé, à Johannesburg, à une réunion de coordination regroupant les pays africains invités aux travaux du G20. Cette réunion a vu la participation de l’Algérie, du Nigeria, de l’Ethiopie, de l’Egypte ainsi que de l’Angola en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine (UA). Dans ce cadre, les discussions ont porté sur les moyens et perspectives de défendre les priorités du continent africain dans l’agenda du G20, notamment dans le cadre de la présidence de l’Afrique du Sud de ce groupe et suite à l’adhésion de l’UA en tant que membre à part entière de sa composante.
Pour l’Algérie, cette participation a constitué une opportunité stratégique de promouvoir sa vision d’un ordre international plus juste et inclusif. Attaf a mis en avant l’engagement de l’Algérie en faveur de la solidarité Sud-Sud, de l’intégration africaine et du développement durable. En prenant part à cette rencontre internationale de haut niveau, l’Algérie a réaffirmé son engagement pour un multilatéralisme renforcé et son rôle en tant que défenseur des intérêts africains sur la scène mondiale. Après le sommet du G20, un autre sommet Union européenne-Union africaine se tiendra à Luanda en Angola. L’UE et l’UA entendent notamment «évaluer les progrès» réalisés depuis le lancement de la stratégie européenne «Global Gateway» en 2021, qui inclut de nombreux investissements dans les grands projets d’infrastructures en Afrique, avec des financements annoncés à hauteur de 150 milliards d’euros.
Vers un dégel entre Alger et Paris
Ce sommet pourrait également être l’occasion d’une rencontre entre Macron et le Président Tebboune, dans un geste d’apaisement après plus d’un an de profonde crise diplomatique entre Paris et Alger.
Cette rencontre sera certainement très scrutée par les observateurs marquera peut être le début d’une réconciliation entre les deux pays en crise sans précédent, marquée par des expulsions de diplomates de part et d’autre et un gel de toutes les coopérations. Lors de leur rencontre à Rome, les deux Présidents ont fait un point sur le partenariat renouvelé entre la France et l’Algérie et sur la manière de continuer d’approfondir la mise en œuvre de la Déclaration d’Alger signée à l’occasion de la visite du président Macron en Algérie, en août 2022.
S’agissant des questions mémorielles, ils se sont félicités des récentes avancées de la Commission mixte franco-algérienne d’historiens qui s‘est réunie à Alger le mois dernier pour sa 5e réunion. Ils sont convenus de poursuivre leurs contacts étroits en vue de travailler à promouvoir un cadre crédible pour la mise en œuvre de la solution à deux États, seule à même de répondre aux aspirations légitimes des Palestiniens et des Israéliens à la paix et à la sécurité. Ils ont enfin abordé les enjeux sécuritaires en Libye et au Sahel, notamment en matière de lutte contre le terrorisme.
Le boycott américain
Parmi les priorités de Pretoria pour sa présidence du G20 figurent le renforcement de la résilience face aux catastrophes, la viabilité de la dette pour les pays à faible revenu, le financement d’une «transition énergétique juste» et l’exploitation des «minéraux critiques pour une croissance inclusive et un développement durable». Son thème est «solidarité, égalité, durabilité». Le président américain Donald Trump a déclaré qu’aucun représentant des États-Unis ne participerait à ce sommet.
La réunion des dirigeants du G20 doit se tenir dans la métropole de Johannesburg, à la périphérie du célèbre township de Soweto, au parc des expositions Nasrec, le plus grand du genre en Afrique du Sud, choisi comme symbole de «l’intégration spatiale» postapartheid. Le passage de relais de la présidence du G20 entre l’Afrique du Sud et les États-Unis marque la fin d’un cycle de présidences du «Sud global» après celles du Brésil en 2024, de l’Inde (2023) et de l’Indonésie (2022).
Trump a déjà annoncé qu’il comptait réduire radicalement le champ des discussions, qui s’est au fil des années élargi pour inclure des questions sociales, au-delà de son cadre financier initial. Il remet aussi en question la présence de l’Afrique du Sud, soulevant des interrogations sur l’avenir du G20.
Mahmoud Tadjer
