Présenté hier devant les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN), le projet de loi de finances 2026 se veut la traduction d’un double engagement : préserver le caractère social de l’État et maintenir la dynamique de croissance enclenchée ces dernières années.
Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzerd, a souligné que ce texte de loi traduit «l’attachement de l’État à son caractère social» tout en consolidant «une dynamique de croissance économique soutenue». Selon lui, cette loi de finances s’appuie sur des réformes fiscales et financières ainsi que sur le renforcement des secteurs hors hydrocarbures, considérés comme les nouveaux leviers de la croissance nationale. En effet, l’État ne renonce pas à son rôle social. Le PLF 2026 consacre une enveloppe globale de près de 6 000 milliards de dinars aux transferts sociaux, dont 420 milliards pour l’allocation chômage, 424 milliards au fonds des retraites et 656 milliards à la subvention des produits de base, en particulier le blé. Les universités, hôpitaux et institutions publiques se voient, pour leur part, attribuer un budget de 2 800 milliards de dinars, confirmant la volonté du gouvernement de préserver les services essentiels, dans un contexte marqué par une inflation encore ressentie par les ménages. Sur le plan économique, le ministre s’est voulu rassurant. Les derniers chiffres témoignent, selon lui, d’une évolution positive : le PIB a atteint 10 047 milliards de dinars au premier trimestre 2025, contre 9 300 milliards à la même période en 2024, soit une progression d’environ 8 %.
Les recettes publiques, en hausse de 1 450 milliards de dinars sur un an, s’élèvent à 5 600 milliards au premier semestre. Quant au déficit budgétaire, il devrait être ramené à 4 000 milliards de dinars d’ici la fin de l’année, contre une prévision initiale de 9 200 milliards dans la loi de finances 2025. Une réduction que Bouzerd explique par une «consommation maîtrisée du budget» et la «non-utilisation de certaines dotations». Les projections tablent sur une croissance économique supérieure à la moyenne mondiale, estimée à 4,1 % en 2026, 4,4 % en 2027 et 4,5 % en 2028. La croissance hors hydrocarbures, moteur des réformes en cours, devrait se stabiliser autour de 5 %, soutenue par les performances de l’industrie (+6,2 %), de l’agriculture (+5,4 %), du bâtiment (+5,1 %) et des services (+5 %). Les recettes globales prévues dans le PLF 2026 dépasseront 8 000 milliards de dinars, un niveau que le gouvernement présente comme le résultat d’une meilleure mobilisation des ressources hors hydrocarbures. Les recettes non pétrolières devraient progresser de 6,6 %, signe d’un redressement fiscal graduel.
Encourager l’investissement et l’innovation
Le ministre a également annoncé plusieurs dispositions législatives et fiscales destinées à «renforcer la transparence et la compétitivité de l’économie nationale». Parmi elles : la régularisation des entreprises en retard de paiement de leurs obligations fiscales, le maintien de la stabilité des prix des produits de large consommation, la réduction de l’impôt sur le revenu global (IRG), présentée comme un soutien indirect au pouvoir d’achat.
Le texte s’attache par ailleurs à encourager l’investissement et l’innovation, à travers un ensemble de mesures de soutien aux startups, aux incubateurs, mais aussi à des secteurs jugés stratégiques comme la pêche, l’aquaculture, les transports ou encore le logement, notamment via le programme AADL.
Le gouvernement entend également accélérer la numérisation de l’administration et simplifier les procédures fiscales, tout en renforçant la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale. Autant d’engagements alignés sur les standards internationaux, selon le ministère.
Le PLF 2026 accorde une place particulière à la coopération internationale, notamment à travers l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement, tout en garantissant le soutien continu au système de retraite, dont le déficit reste couvert par le Trésor public.
Les députés poursuivront l’examen du texte les 10 et 11 novembre, avant les interventions des présidents des groupes parlementaires et la réponse du gouvernement en fin de séance. Le vote final est prévu pour le 18 novembre, suivi d’une séance consacrée aux questions orales le 20 novembre.
Islam K.
