La rue marocaine n’en peut plus. Les scènes de brutalité filmées et partagées sur les réseaux sociaux rappellent les heures les plus sombres d’une dictature qui se prétend moderniste mais se nourrit de la répression.
Par Rédaction de Crésus
Dans tout le pays, des foules affamées, humiliées, privées de toit et de dignité, se heurtent aux boucliers et aux matraques d’une police qui n’a plus rien d’une institution républicaine : elle est devenue le bras armé du Makhzen, cette machine archaïque qui protège les palais royaux au prix du sang des jeunes.
Les images circulent : adolescents traînés au sol, femmes malmenées, cris noyés sous les charges policières. Des scènes de vulgarité… Le contraste est insupportable. Pendant que la jeunesse marocaine réclame pain, liberté et dignité, le régime gaspille des milliards dans des projets pharaoniques : Coupe d’Afrique des Nations, Coupe du Monde, chantiers d’images destinés à flatter un monarque aveugle. Le Maroc réel, le vrai, celui des quartiers populaires, des villages oubliés, des chômeurs par millions, s’enfonce dans la faim, la misère et l’exil forcé.
Le Harak naissant, opprimé dans le silence complice de la monarchie et des chaînes arabes des émirats et des monarchies du Golfe devenues du coup muettes, n’est qu’un prélude. Aujourd’hui, la contestation gagne les grandes villes, frôle les enceintes mêmes des palais royaux. La colère ne connaît plus de frontières sociales. Les travailleurs, les étudiants, les mères, les paysans : tous dénoncent le même système prédateur. Un régime qui préfère emprisonner les voix libres que de libérer son peuple de la pauvreté.
Les slogans scandés dans les rues ne trompent pas : «République ! Dignité !» Le tabou est brisé. Le peuple marocain, trahi par des décennies de mensonges, ne se contente plus de réformes cosmétiques ou de promesses creuses. Il exige une rupture radicale : la fin d’un régime féodal et l’avènement d’un ordre républicain. Car la monarchie, loin de protéger, n’a fait qu’étouffer. Elle a concentré richesses et privilèges, transformant la nation en butin pour une élite accrochée à son trône comme un naufragé à sa bouée.
Les chaînes arabes, complices silencieuses, préfèrent détourner les yeux. Elles se nourrissent du spectacle mais jamais ne montrent la réalité : un peuple debout, en lutte, face à un système répressif qui se disloque sous ses propres contradictions. Mais l’histoire avance, et les rois ne sont pas éternels.
Le Maroc d’aujourd’hui ressemble à un volcan. La répression, loin de calmer, attise la braise. Chaque matraque brandie, chaque manifestant arrêté, chaque vidéo de violence partagée creuse la tombe politique d’un régime qui vit à crédit. Et ce crédit est épuisé.
La jeunesse marocaine n’accepterait plus le silence. Elle ne veut ni paillettes des coupes sportives, ni fastes d’une cour décadente. Elle veut pain, travail, liberté, justice. Le cri s’élève, clair, sans ambiguïté : la monarchie doit tomber.
Le Makhzen peut encore frapper, il peut encore emprisonner, il peut encore tuer. Mais il ne peut pas effacer la mémoire des humiliations, ni la soif de dignité.
Quand un peuple se met debout, aucun trône n’est assez solide pour l’arrêter.
R.C.
