Alors que les défis politiques et institutionnels se multiplient sur le continent, l’Algérie poursuit sa stratégie d’ancrage africain en misant sur des partenariats approfondis avec les instances de l’Union africaine. La visite de Chief Fortune Charumbira à Alger en constitue une nouvelle illustration, renforçant une relation algéro-africaine qui s’affirme désormais comme un pilier de la coopération interparlementaire.
La visite de travail effectuée par le président du Parlement panafricain, auprès du président du Conseil de la Nation, Azouz Nasri, hier à Alger, s’est imposée comme un nouveau jalon dans le renforcement du partenariat parlementaire algéro-africain. Au siège du Conseil, les échanges entre les deux responsables ont mis en lumière la place centrale qu’occupe l’Algérie dans la dynamique institutionnelle du continent et la volonté partagée d’approfondir la coopération parlementaire multilatérale.
Dès l’ouverture de la rencontre, Azouz Nasri a souligné que cette visite illustre « la solidité des relations » entre l’Algérie et l’architecture parlementaire africaine, rappelant que le Conseil de la Nation considère son partenariat avec le Parlement panafricain comme un « choix stratégique ». Il a réaffirmé l’engagement historique de l’Algérie envers les causes continentales, notamment celles liées à l’unité, à l’intégration et à la solidarité entre les peuples africains. Selon lui, l’Algérie entend accroître sa contribution aux travaux du Parlement panafricain, en soutenant ses initiatives dans des secteurs prioritaires comme la paix et la sécurité, la gouvernance, le développement durable ou encore la réforme institutionnelle.
Coordination législative
Le président du Conseil de la Nation a insisté sur l’importance d’une coordination législative plus étroite entre les États membres pour accompagner l’agenda stratégique de l’Union africaine 2063. Il a mis en avant le rôle que l’Algérie aspire à jouer dans la concrétisation de ses objectifs : stabilisation sécuritaire, intégration économique, transition énergétique, autonomisation des jeunes et promotion du rôle des femmes dans la vie politique continentale. Pour Nasri, l’action parlementaire doit devenir un levier essentiel dans la construction de politiques africaines cohérentes et ambitieuses, fondées sur le lien indissociable entre développement socio-économique et stabilité sécuritaire.
Très attendu, l’intervention de Fortune Charumbira a souligné la contribution « exemplaire» de l’Algérie aux travaux du Parlement panafricain. Il a exprimé sa gratitude pour l’accueil qui lui a été réservé et a rappelé que l’Algérie a toujours été un soutien constant de l’institution depuis sa création. Il a particulièrement salué la participation active de la délégation parlementaire algérienne lors de la sixième session ordinaire de la sixième législature, soulignant la qualité des interventions des représentants du Conseil de la Nation et de l’Assemblée populaire nationale.
Charumbira a affirmé que renforcer les échanges avec le Parlement algérien constitue une étape clé pour consolider le rôle du Parlement panafricain dans la gouvernance continentale. Il a plaidé pour un élargissement de la coopération, notamment à travers des programmes d’échanges législatifs, des concertations régulières et la formulation de positions coordonnées sur les dossiers stratégiques au sein des institutions de l’Union africaine. Cette convergence est, selon lui, indispensable pour faire du Parlement panafricain un acteur majeur de la diplomatie interparlementaire africaine.
Le président du Parlement panafricain a également valorisé la politique africaine menée par l’Algérie sous la direction du président Abdelmadjid Tebboune, qu’il a qualifiée de vision « prospective, cohérente et fidèle aux principes anticoloniaux». Il a estimé que l’Algérie demeure un pilier incontestable du continent, engagée pour la défense de l’unité africaine, la décolonisation et la souveraineté des États, tout en œuvrant pour que l’Afrique occupe la place qu’elle mérite sur la scène internationale.
La rencontre s’est conclue par un engagement renouvelé des deux parties à renforcer les mécanismes de coopération bilatérale et continentale. Alger et le Parlement panafricain entendent intensifier leur coordination parlementaire dans la gestion des dossiers stratégiques et contribuer ensemble à l’édification d’une Afrique unie, stable et prospère. Une orientation qui confirme, une fois encore, la volonté de l’Algérie d’assumer pleinement son rôle de partenaire incontournable dans la construction institutionnelle du continent.
A.M.
