L’engagement de l’Algérie dans le renforcement de la production pharmaceutique africaine, à travers la «Déclaration d’Alger», a été unanimement salué par les délégations participantes.
Plusieurs responsables ministériels et représentants d’organisations internationales ont souligné la place centrale du pays dans la construction d’une souveraineté sanitaire continentale. Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messoudène, a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à mettre son expertise industrielle au service des pays africains. «L’Algérie met son expérience en matière de production pharmaceutique au service de ses frères africains, afin de contribuer à renforcer la sécurité sanitaire et à soutenir le développement durable du continent.» Le ministre a également mis en avant l’importance d’un cadre législatif unifié et d’une harmonisation réglementaire ambitieuse pour faciliter les échanges, réduire les obstacles administratifs et offrir un environnement clair aux industriels.
Il a salué la décision des pays africains de créer une plateforme commune pour la mutualisation des achats de matières premières, un instrument qui devrait renforcer l’intégration industrielle du continent. De son côté, la représentante de l’UNICEF en Algérie, Katarina Johansson, a qualifié la Déclaration d’Alger de «vision partagée» en faveur d’une croissance industrielle durable. L’organisation a annoncé un engagement majeur : 20 % des achats mondiaux de vaccins de l’UNICEF proviendront de fabricants africains d’ici 2035.
Cet objectif, loin d’être symbolique, vise à impulser une transformation structurelle de la production pharmaceutique africaine. Pour cela, l’UNICEF prévoit d’organiser une série de rencontres industrielles avec des producteurs du secteur privé africain, en partenariat avec l’OMS, l’Africa CDC et plusieurs banques de développement. En marge de la conférence, plusieurs ministres africains ont souligné le rôle clé de l’Algérie. Le ministre égyptien du Secteur public des affaires, Mohamed Chimi, a estimé que le continent avait besoin du soutien de pays leaders comme l’Algérie, l’Égypte et l’Afrique du Sud. Il a proposé la création d’un Haut Comité africain de l’industrie du médicament, chargé de suivre annuellement la mise en œuvre des engagements.
La secrétaire d’État tchadienne à la Santé, Mbaïdédji Dékangé Francine, a pour sa part salué lesefforts de plus de 230 usines pharmaceutiques algériennes, qu’elle considère comme un modèle inspirant pour atteindre une production «100 % africaine». Le ministre mozambicain de la Santé, Hussein Issa, a plaidé pour une «approche africaine unifiée», rappelant que son pays entretient déjà plusieurs partenariats avec l’Algérie dans le domaine pharmaceutique. Le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Yacoub Jenaabi, a rappelé que le continent importe encore entre 60 et 90 % de ses besoins pharmaceutiques.
Il a souligné que le taux de couverture local de 82 % atteint par l’Algérie constitue «un acquis important » et un exemple concret pour les autres États africains. L’OMS accompagne d’ailleurs l’Algérie dans ses efforts d’exportation par le biais des certificats de maturité réglementaire, destinés à renforcer sa compétitivité.
I.K.
