La mise en valeur de ce vaste potentiel de gaz de schiste alimente l’intérêt de grandes compagnies pétrolières dont les américaines, Chevron et ExxonMobil, l’italienne, ENI, et la chinoise, Sinopec.
Avec d’importantes réserves de gaz de schiste, estimées à 19 800 milliards de m3, l’Algérie se retrouve en peloton de tête des pays au plus grand potentiel d’hydrocarbures non conventionnels.
Des réserves permettant, à leur exploitation, à l’Algérie d’augmenter son capital-réserve et ses exportations à même de répondre à la demande européenne croissante, en fournissant une source alternative et fiable de gaz naturel, d’autant que le projet du gazoduc Nigeria-Algérie-Europe d’une capacité de 33 milliards de mètres cubes gazeux connait quelques retards en raison des tensions diplomatiques.
La mise en valeur de ce vaste potentiel de gaz de schiste attire des majors pétro-gaziers. En effet, le potentiel gazier algérien alimente l’intérêt de grandes compagnies pétrolières dont les américaines, Chevron et ExxonMobil, l’italienne, ENI, et la chinoise, Sinopec International Petroleum Exploration & Production Corporation.
Des compagnies très intéressées par l’immense potentiel algérien en la matière. Des Majors ayant multiplié les accords et mémorandums de partenariat afin de renforcer leur présence en misant sur le renforcement de leurs investissements en Algérie, d’autant plus que des incitations aux investisseurs ont été introduites par la nouvelle loi sur les hydrocarbures.
Dans ce cadre, Sinpeca a déclaré que les nouveaux projets en Algérie marquent une nouvelle phase de son expansion internationale dans le domaine de l’énergie non conventionnelle.
Des ressources et des exploitations en prévision
L’accord, signé à Alger entre le groupe Sonatrach et Sinopec, comprend également un protocole d’accord séparé accordant à Sinopec des droits exclusifs de coopération pour le développement futur de ressources non conventionnelles ( gaz de schiste) dans les blocs HBH et EB, a révélé, hier, Sinopecsur son site internet.
Les deux zones se situent dans les principales régions productrices d’hydrocarbures d’Algérie.Le bloc GEG couvre 36 000 kilomètres carrés dans le bassin de Gourara-Timimoun, au sud-ouest de l’Algérie, est-il mentionné. Bien que le bloc contienne des réserves prouvées de gaz conventionnel, Sinopec a avancé qu’il présentait également un fort potentiel pour le développement du gaz de schiste.
A cet égard, l’entreprise chinoise prévoit de mettre en œuvre une stratégie amont complète (« full-cycle upstreamstrategy »).
L’accord sur le bloc GEG s’inscrit dans la continuité d’un contrat de 850 millions de dollars signé en février entre Sinopec et Sonatrach pour le développement conjoint du champ de Hassi Berkane-Nord.
L’Algérie mise sur les Américains
Il en est de même des Majors américains, ExxonMobil et Chevron. Les protocoles d’accords, signés, en mai et juin 2024, entre Sonatrach et ces deux entreprises, ouvrant la voie à une collaboration dans les bassins de l’Ahnet, de Gourara et de Berkine.
Le protocole d’accord avec Exxon Mobil, signé le 23 mai 2024, porte sur l’exploration et le développement des ressources dans les bassins de l’Ahnet et de Gourara.
Il met l’accent sur l’introduction de technologies de pointe, l’efficience opérationnelle et la protection de l’environnement. De son côté, Chevron s’est engagé, le 13 juin 2024, à explorer le potentiel des bassins de l’Ahnet et de Berkine. Ces deux compagnies ciblent principalement les ressources en gaz et pétrole de schiste.
« Aujourd’hui, l’Algérie continue de jouer un rôle de premier plan dans l’approvisionnement énergétique, en collaborant avec de grandes compagnies pétrolières comme ExxonMobil pour exploiter les ressources non conventionnelles» déclarait John Ardill, vice-président en charge de la recherche et de la prospection chez ExxonMobil, sur sa page LinkedIn, au lendemain de sa participation au Salon NAPEC 2024 à Oran.
Il ajoutait que « des perspectives prometteuses se dessinent alors que l’Algérie vise à renforcer son rôle de principal fournisseur de gaz régional pour l’Europe, avec un potentiel d’expansion vers l’hydrogène».
Lors du même événement, Jonathan Wilson, vice-président d’ExxonMobil, a affirmé que « les techniques de forage horizontal, couronnées de succès aux États-Unis, sont tout à fait applicables en Algérie ».
Un acteur majeur
Des déclarations reflétant les ambitions des Majors américains. Tandis qu’Occidental Petroleum, déjà actif en Algérie à travers les actifs récupérés d’Anadarko, continue d’explorer de nouvelles perspectives dans le domaine du gaz de schiste. Son engagement en Algérie s’inscrit dans une logique de diversification des ressources énergétiques non conventionnelles.
En somme, l’Algérie cherche à se repositionner comme un acteur majeur du secteur des hydrocarbures en s’entourant de partenaires stratégiques. Ces accords constituent des signaux essentiels pour l’industrie énergétique mondiale.
Ils démontrent que l’Algérie continue d’accueillir favorablement les investissements à long terme, tout en renforçant les capacités de ses institutions énergétiques nationales.
Badis B.
