La Direction générale des impôts (DGI) a organisé, hier, une journée de formation au profit des commerçants de pierres précieuses.
Cette rencontre, qui s’est déroulée à l’hôtel Legacy, à Hydra (Alger), et qui a été animée par des experts étrangers, s’inscrit dans le cadre des efforts consentis par les hautes autorités du pays en vue de la levée des réserves formulées par le Groupe d’action financière (Gafi) en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, notamment dans le secteur du commerce des pierres précieuses.
Ce secteur est considéré comme particulièrement sensible et requiert un renforcement des mécanismes de contrôle fondés sur l’analyse des risques afin de prévenir les pratiques de blanchiment. Facilement transportables, de forte valeur et échappant parfois à la traçabilité bancaire, les pierres précieuses sont, en effet, fréquemment utilisées pour faire transiter ou dissimuler des fonds d’origine criminelle. À travers cette journée de formation, la Direction générale des impôts entend familiariser les commerçants de pierres précieuses avec le nouveau cadre juridique régissant cette activité.
Encadrement strict
L’Algérie a adopté plusieurs lois et règlements visant à encadrer et à sécuriser les transactions dans ce secteur. Le cadre juridique de référence repose principalement sur la loi n°05-01 du 6 février 2005 relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Dans une optique de renforcement du dispositif, un arrêté émanant du ministère des Finances, publié en septembre 2025, a introduit une réglementation inédite applicable aux marchands de pierres et de métaux précieux.
Ce nouveau texte vient consolider le dispositif national en précisant les obligations de vigilance, de contrôle, de déclaration des opérations suspectes et de formation auxquelles sont désormais soumis les professionnels du secteur. Parmi les principales mesures, figurent l’identification obligatoire des clients à l’aide de documents officiels, la vérification de l’identité du bénéficiaire effectif ainsi que le refus de toute transaction impliquant des personnes anonymes ou utilisant des identités fictives. Le règlement instaure également l’obligation de signaler toute opération suspecte.
L’arrêté prévoit, en outre, des sanctions administratives et pénales en cas de manquement à ces obligations, allant de lourdes amendes à des interdictions d’exercer. Cette réglementation s’inscrit dans le prolongement des engagements internationaux de l’Algérie en matière de lutte contre le crime financier et répond aux recommandations du Gafi. Elle traduit également la volonté des autorités de combler les zones de vulnérabilité qui subsistaient dans le commerce des pierres et des métaux précieux.
Sortir de la liste grise du Gafi
L’Algérie a été inscrite sur la liste grise du Gafi en octobre 2024, notamment en raison des insuffisances relevées dans la surveillance de certains secteurs à risque, dont celui du commerce des pierres précieuses. Depuis, les pouvoirs publics ont intensifié les efforts afin de sortir de cette liste dans les meilleurs délais, en mettant en œuvre le plan d’action et les recommandations du Groupe d’action financière.
En 2025, le pays s’est engagé dans l’application d’un ensemble vaste et intensif de mesures et de réformes touchant l’ensemble de l’activité économique et financière. Ces actions ont concerné aussi bien les banques et les institutions financières, dont les capacités de supervision ont été renforcées, que les registres du commerce, l’authentification des transactions, les notaires et les agents immobiliers, avec l’instauration de contrôles stricts sur les opérations en espèces.
Si l’Algérie demeure, à ce stade, inscrite sur la liste grise du Gafi, des avancées notables ont, toutefois, été enregistrées dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La levée de l’ensemble des réserves formulées par le Gafi, préalable à une sortie définitive de cette liste, demeure conditionnée à l’application rigoureuse et durable de toutes les mesures engagées par les autorités publiques.
S. Smati
