Face à la multiplication des accidents mortels, les experts tirent la sonnette d’alarme et appellent à sortir du tout-répressif. Ils réclament l’application effective de l’article 63 bis de la loi n°17-05 et la mise en place du Conseil national consultatif supérieur de prévention des accidents de la circulation.
Éducation routière, contrôle technique, formation, analyse scientifique des accidents et coordination entre les secteurs : pour les experts, il est urgent de passer de la réaction à l’anticipation.
Renforcer l’éducation et le contrôle
Les experts préconisent de renforcer l’éducation routière, la formation continue des conducteurs et la qualification des moniteurs d’auto-école. Ils insistent également sur l’amélioration du contrôle technique des véhicules, la surveillance du transport professionnel et l’utilisation accrue des technologies modernes de contrôle.
Ils appellent, en outre, à développer des mécanismes scientifiques d’analyse des accidents afin d’identifier leurs causes, de repérer les points noirs du réseau routier et de mettre en œuvre des solutions adaptées.
La concrétisation du Conseil national consultatif supérieur de prévention des accidents de la circulation constituerait, selon eux, une avancée institutionnelle majeure. Cette instance pourrait réunir les différents secteurs concernés, les organismes spécialisés, les professionnels, les experts, les universités et les centres de recherche autour d’une stratégie commune fondée sur les données du terrain et les études scientifiques.
Les experts soulignent que la sécurité routière ne peut relever d’un seul secteur. Elle nécessite une coordination permanente entre les différents acteurs et une évaluation régulière de l’efficacité des politiques publiques.
«Prévenir avant de sanctionner»
Derrière chaque bilan d’accidents, il y a des drames humains, des familles endeuillées et des victimes confrontées parfois à des séquelles permanentes. Pour les signataires, l’application de l’article 63 bis et la mise en place du Conseil national constituent donc un impératif de protection des vies humaines et de réduction du coût social et économique des accidents.
Pour ces spécialistes, l’enjeu est désormais de transformer les dispositions légales en mécanismes concrets de prévention et de faire de la sécurité routière une véritable politique publique fondée sur l’anticipation et la réduction durable des accidents.
I.K
