L’Algérie a mis en garde contre «les interventions extérieures illégales», qu’elle considère «parmi les principaux facteurs qui alimentent l’instabilité et entravent les processus de règlement des différends et de construction démocratique sur notre continent».
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé, hier, la position constante de l’Algérie à l’égard des conflits que connaît le continent. Le président de la République a souligné, dans son allocution, lue en son nom par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, à la séance consacrée à l’examen du rapport du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) sur l’état de la paix et de la sécurité en Afrique, et ce, dans le cadre des travaux de la 39e session ordinaire du Sommet de l’UA, que cette réalité «exige une position africaine unifiée et ferme» pour y faire face, «au nom de notre responsabilité commune envers nos peuples».
Il a appelé à activer pleinement l’architecture africaine de paix et de sécurité et à traduire dans les faits le principe des «solutions africaines aux problèmes africains», notamment en soutenant le retour à l’ordre constitutionnel, en renforçant le dialogue politique et en garantissant l’autonomie financière des opérations de paix, à travers le Fonds africain pour la paix, «afin d’assurer l’indépendance de notre décision politique».
Sahel : adopter une approche globale
Abordant les foyers de tension sur le continent, le président Tebboune a évoqué la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo, réitérant son plein soutien à la souveraineté et à l’intégrité de ce pays, appelant à «la cessation immédiate des hostilités».
Le président de la République a également relevé, dans la foulée, la nécessité d’adopter une approche globale et intégrée, s’agissant de la situation au Sahel, tenant compte de l’étroite intrication entre sécurité et développement, tout en s’attaquant aux racines socioéconomiques alimentant l’extrémisme violent. «On ne peut combattre l’extrémisme violent sans traiter ses causes sociales et économiques, ni sans offrir de véritables perspectives de développement durable aux jeunes», a-t-il insisté, tout en soulignant l’impératif du respect de la souveraineté des États et du renforcement de leurs capacités nationales.
Libye : les élections, l’unique issue
Concernant la situation en Libye, le président de la République a réitéré le soutien de l’Algérie au processus politique inter-Libyens, ainsi qu’aux efforts continentaux et onusiens visant à rapprocher les points de vue entre les frères libyens, soulignant que l’unique issue à la crise réside dans l’organisation d’élections libres et transparentes et le retrait complet et immédiat de toutes les forces étrangères et des mercenaires, de manière à garantir l’unité et la souveraineté de la Libye.
Soudan : Une tragédie humaine
Au sujet de la situation au Soudan, le président de la République a exprimé sa profonde consternation face à la tragédie humanitaire, saluant le rôle central de l’UA dans ses efforts de règlement de la crise. Il a également appelé à un cessez-le-feu immédiat et au lancement d’un dialogue national inter-soudanais, souverain et inclusif, à même de mettre fin à l’effusion de sang et de répondre aux aspirations du peuple soudanais. Dans la région de la Corne de l’Afrique, l’Algérie, qui a exprimé sa «grande préoccupation», a souligné la nécessité de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats et de régler les différends par des moyens pacifiques à travers un dialogue constructif dans le cadre des mécanismes de l’UA.
Sahara occidental : Soutien aux efforts onusiens
S’agissant du processus de décolonisation au Sahara occidental, le président de la République a réaffirmé le soutien de l’Algérie aux efforts déployés par l’Organisation des Nations unies en vue de parvenir à «une solution politique juste, durable, applicable et mutuellement acceptable», conformément à la Charte des Nations unies et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Elle a insisté sur la nécessité de poursuivre un engagement constructif dans le processus politique sous l’égide onusienne, en appui à l’envoyé personnel du secrétaire général.
L’Algérie fidèle à ses principes
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a, pour rappel, adressé, vendredi dernier, une allocution aux participants au 35e Forum des chefs d’Etat et de gouvernement du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), et ce, en sa qualité de président en exercice de cette instance.
L’engagement de l’Algérie, en sa qualité de membre fondateur, en faveur de la promotion des principes du MAEP et de la réalisation de ses objectifs, «s’inscrit dans le prolongement naturel de sa participation active aux mécanismes continentaux de l’UA, et repose sur le respect de la souveraineté des Etats membres, le multilatéralisme africain et la coopération intergouvernementale entre les pays du continent, en phase avec les traditions diplomatiques de l’Algérie visant à promouvoir le dialogue et à favoriser les solutions africaines aux défis africains», notamment affirmé le président de la République.
Synthèse Farid Houali
