Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Mohamed Tarek Belaribi, a indiqué qu’il n’existe pas en Algérie de cadre national unifié définissant, de manière standardisée, la hauteur maximale des constructions selon les zones.
Il a précisé que l’encadrement des projets immobiliers repose sur un dispositif juridique et technique global, tenant compte des caractéristiques propres à chaque site.
Cette précision a été apportée dans une réponse écrite adressée à un député de l’Assemblée populaire nationale.
Le ministre a souligné que la réalisation d’immeubles de grande hauteur demeure techniquement envisageable, y compris dans les zones à forte activité sismique, sous réserve du strict respect des règles parasismiques algériennes (RPA 2024), entrées en vigueur par arrêté ministériel du 24 juin 2024. Celles-ci définissent notamment la classification des zones sismiques ainsi que les coefficients d’accélération à prendre en compte.
Des exigences techniques renforcées
Ces projets nécessitent, a-t-il ajouté, des études approfondies en géotechnique, en dynamique des structures et en ingénierie, afin de garantir la sécurité des ouvrages face aux risques naturels, notamment les séismes et les glissements de terrain.
Les constructions sont également soumises au règlement relatif aux charges de neige et aux effets du vent, en vigueur depuis 2013, qui encadre l’impact des conditions climatiques sur les structures en fonction de leur hauteur et de leur implantation géographique, en particulier dans les zones côtières.
Le cadre urbanistique repose, par ailleurs, sur les principaux instruments de planification, à savoir le Plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) et le Plan d’occupation des sols (POS), qui fixent les règles relatives à la densité, à la hauteur des constructions et au coefficient d’occupation des sols.
Les programmes immobiliers en hauteur sont également soumis à des normes strictes en matière de sécurité incendie, conformément à la loi n° 19-02, incluant notamment les dispositifs d’évacuation, les sorties de secours, les systèmes d’alerte et les équipements de lutte contre l’incendie.
Vers un encadrement technique
Le ministre a enfin indiqué que son département travaille à l’élaboration d’un référentiel technique spécifique dédié à la conception et à la sécurité des immeubles de très grande hauteur. Ce chantier est mené en coordination avec plusieurs secteurs ministériels, en attendant la finalisation des textes réglementaires y afférents.
Enfin, il a rappelé que le recours à la verticalisation urbaine ne constitue ni une règle générale ni une orientation systématique, mais une option conditionnée par des études globales intégrant les données techniques, urbaines et les capacités des réseaux publics. Chaque projet est ainsi évalué individuellement selon ses spécificités.
R.N
