Le tribunal d’Hussein Dey, siégeant en matière correctionnelle, a condamné en milieu de semaine un jeune homme de 32 ans, marié et père d’un enfant, à trois ans de prison ferme assortis d’une amende de 50 000 dinars, pour coups et blessures volontaires sur ascendants, en l’occurrence ses propres parents.
Résidant à la cité Bel Air (ex-La Glacière) et sans emploi, le prévenu avait violemment agressé son père et sa mère, leur infligeant de graves blessures : le premier au niveau de la tête et la seconde au niveau du cou. Les faits remontent à quelques jours avant son arrestation. Après une violente dispute familiale, le jeune homme aurait perdu tout contrôle avant de s’en prendre physiquement à ses parents. Ces derniers, grièvement blessés, ont été immédiatement évacués vers l’hôpital de Kouba, où ils ont été pris en charge par le service des urgences, puis examinés par un médecin légiste qui leur a délivré chacun un certificat médical d’incapacité temporaire de 15 jours. L’auteur des faits a été interpellé par les éléments de la police judiciaire quelques heures plus tard et placé en garde à vue, avant d’être présenté devant le procureur de la République.
«Je ne savais plus ce que je faisais»
Devant la présidente de la section des flagrants délits, le prévenu – aujourd’hui détenu à la prison d’El Harrach- a tenté de se justifier: «Ils m’ont traité de lâche devant mon épouse et mon fils de cinq ans ! Ils voulaient que je quitte la maison parce que ma femme ne leur plaît pas… Je ne sais pas comment j’ai pris un couteau et je leur ai donné des coups.»
Un argument qui n’a guère convaincu la magistrate, laquelle lui a lancé avec fermeté: «Vous devriez avoir honte ! Vous vous êtes attaqué à vos propres parents, des personnes sans défense. L’excuse de la provocation n’efface pas l’irréparable.»
Le procureur réclame une peine exemplaire
Le procureur de la République a requis une peine de cinq ans de prison ferme assortie de 50 000 dinars de dommages et intérêts, estimant que les éléments matériels et les preuves du dossier établissaient clairement la culpabilité du prévenu. Il a ajouté que les faits auraient pu être requalifiés en crime, soulignant la gravité du geste et la préméditation possible de l’acte. «L’accusé ne mérite ni indulgence ni clémence», a conclu le représentant du parquet. Les avocats de la défense ont plaidé l’application des articles 53 bis du Code pénal et 592 du Code de procédure pénale relatifs aux circonstances atténuantes, invoquant un moment d’égarement et l’état psychologique instable de leur client. Ils ont d’ores et déjà annoncé l’introduction d’un appel devant la chambre pénale de la cour d’Alger pour demander une réduction de peine.
Malgré la condamnation, les parents du prévenu ont maintenu leur plainte, refusant de la retirer, estimant que leur fils «doit assumer les conséquences de son acte».
R.H.
