Les Assemblées communales et de wilaya constituent le premier échelon de la démocratie de proximité et un outil essentiel pour rapprocher les citoyens de leurs institutions.
À l’occasion de la réunion du bureau de wilaya du Parti des travailleurs (PT) à Alger, la secrétaire générale, Louisa Hanoune, a appelé à l’ouverture d’un large débat national sur les défis économiques, sociaux, politiques et environnementaux auxquels fait face l’Algérie. Selon elle, les mutations du contexte national et international rendent nécessaire une révision de plusieurs politiques publiques.
S’exprimant avant la publication de la décision de la Cour constitutionnelle sur les recours liés aux dernières élections législatives, Louisa Hanoune a indiqué attendre les conclusions de cette institution «avec responsabilité et sérénité». Elle est, toutefois, revenue sur les irrégularités qu’elle estime avoir marqué le scrutin.
La dirigeante du PT a évoqué un «fossé inédit» entre les citoyens et les institutions, mettant en avant le taux officiel d’abstention, proche de 80%, ainsi que le nombre élevé de bulletins annulés. À ses yeux, ces indicateurs traduisent une profonde crise de confiance envers le processus électoral.
Plaidoyer pour une réforme de la loi électorale
Louisa Hanoune a appelé à une révision en profondeur du cadre électoral afin de renforcer la transparence et l’intégrité des scrutins.
S’appuyant sur les chiffres provisoires officiels, elle a affirmé que près de 80% du corps électoral ne s’était pas rendu aux urnes, auxquels s’ajoutent près de un million de bulletins annulés. Elle s’est interrogée sur les conditions d’organisation des prochaines échéances électorales, estimant qu’une réforme globale de la législation électorale est indispensable pour restaurer la confiance des citoyens dans l’exercice du droit de vote.
Selon la secrétaire générale du PT, cette évolution suppose la mise en place de garanties renforçant la crédibilité du processus électoral. Elle a, toutefois, reconnu que toute réforme pourrait se heurter à des résistances institutionnelles et dépendrait avant tout de la volonté des pouvoirs publics.
Le parti défend sa participation
Louisa Hanoune a également défendu le choix de son parti de prendre part aux dernières élections législatives.
«Oui, nous avons eu raison d’y participer», a-t-elle déclaré, estimant que cette participation a permis au PT d’atteindre des objectifs politiques dépassant les seuls résultats électoraux.
Elle a notamment évoqué le renforcement de l’implantation du parti grâce à de nouvelles adhésions, la formation des militants et l’élargissement de son audience auprès des citoyens. Elle a également salué l’accueil réservé aux 37 engagements présentés par le PT durant la campagne électorale.
La secrétaire générale du PT a confirmé la participation de son parti au débat sur les prochaines élections locales, qu’elle considère comme un rendez-vous politique majeur.
Selon elle, les Assemblées populaires communales et de wilaya constituent le premier niveau de la démocratie de proximité. Elles représentent, a-t-elle souligné, un levier essentiel pour rapprocher les citoyens de leurs institutions, renforcer la cohésion nationale et contribuer à restaurer la confiance dans la vie publique.
Appel à établir les responsabilités
Louisa Hanoune est également revenue sur l’incendie survenu au centre de l’enfance assistée de Mohammadia, à Alger, qui a coûté la vie à plusieurs enfants et à une éducatrice.
Qualifiant ce drame de «tragédie nationale», elle a présenté les condoléances du Parti des travailleurs aux familles des victimes ainsi qu’à l’ensemble du peuple algérien.
La responsable politique a appelé à l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités et d’identifier les éventuelles défaillances. Elle a plaidé pour une évaluation approfondie des dispositifs de prévention et de sécurité dans les établissements d’accueil pour enfants, en s’interrogeant notamment sur l’existence de plans d’évacuation, la conformité des équipements de lutte contre les incendies, la disponibilité du personnel qualifié et l’adéquation des moyens financiers alloués à ces structures.
Elle a également soulevé la question de la présence de barreaux aux fenêtres dans certains établissements, rappelant qu’il s’agit de centres de protection de l’enfance et non de lieux de détention.
Enfin, Louisa Hanoune a plaidé pour une révision du cadre législatif régissant les établissements de protection sociale, un renforcement des moyens humains et financiers qui leur sont consacrés, ainsi qu’une actualisation des textes encadrant la prise en charge des enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme.
I. Khermane
