En tête de ces activités figure le très attendu projet de gazoduc transsaharien reliant l’Algérie au Nigeria via le Niger, qui refait surface.
Le secteur de l’énergie a connu une semaine particulièrement remarquable, marquée par une série d’opérations d’envergure. Il demeure le secteur le plus dynamique de l’économie nationale. En 2023, les hydrocarbures ont représenté environ 14 % du PIB, contribuant à hauteur de 83 % aux exportations et de 47 % aux recettes budgétaires.
En tête de ces activités figure le très attendu projet de gazoduc transsaharien reliant l’Algérie au Nigeria via le Niger, qui refait surface. Le président de la Chambre des représentants du Nigeria, Tajudeen Abbas, a souligné, lundi à Alger, l’importance de ce projet, le qualifiant de «réalisable». L’Algérie et le Nigeria ont évoqué ce chantier considéré comme «l’un des plus importants projets énergétiques régionaux», visant à relier les vastes réserves gazières nigérianes au réseau algérien afin de répondre à la demande croissante en gaz, aussi bien sur les marchés africains voisins que sur les marchés européens.
Dans le même temps, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, et l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Algérie, Diego Mellado, ont passé en revue les progrès réalisés dans la coopération énergétique, notamment en matière d’approvisionnement de l’Europe en gaz naturel et de développement de l’hydrogène dans le cadre du projet du Corridor Sud H₂ (SoutH2 Corridor), reliant l’Algérie à l’Europe via l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche. L’objectif est d’exporter, à terme, de l’hydrogène et de contribuer à la transition et à l’efficacité énergétiques.
Arkab a rappelé que «l’Algérie appelle les entreprises européennes à renforcer leur présence sur le marché national en investissant dans les domaines des hydrocarbures et des mines». Il a mis en avant les réformes juridiques et réglementaires récentes, destinées à créer un climat d’investissement stimulant et attractif, offrant un cadre «plus flexible et transparent» pour faciliter les partenariats et accompagner les investisseurs étrangers. Cela concerne notamment les terres rares et les minéraux stratégiques, dans le cadre de la nouvelle loi minière qui accorde d’importantes facilitations et encourage l’implantation d’une industrie minière nationale.
De son côté, l’ambassadeur Mellado a exprimé le souhait de l’Union européenne de «renforcer la coopération dans les domaines de la production d’hydrogène vert et bleu, de l’exploitation et de la transformation des minéraux stratégiques», au service des industries en général et de celles liées aux énergies renouvelables en particulier.
Coopération nucléaire avec l’AIEA
Par ailleurs, la visite en Algérie du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, a permis de passer en revue les axes de coopération entre l’Algérie et l’AIEA, notamment dans le domaine des applications pacifiques de l’énergie nucléaire. Les discussions ont porté sur les perspectives de renforcement de ce partenariat, ainsi que sur l’appui aux programmes nationaux de développement durable, notamment dans les secteurs de la santé, de l’agriculture, des ressources hydriques et des énergies renouvelables, où les technologies nucléaires jouent un rôle croissant.
Sur le plan commercial, l’Algérie s’est classée parmi les principaux pays exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe au troisième trimestre de l’année 2025, avec la totalité de ses expéditions dirigées vers le continent européen. Selon le rapport intitulé Évolution des marchés arabes et mondiaux du GNL au troisième trimestre 2025, publié par l’Unité de recherche sur l’énergie, les exportations algériennes ont atteint 2,13 millions de tonnes entre juillet et septembre 2025, contre 2,61 millions de tonnes durant la même période de 2024.
L’Algérie s’est ainsi classée troisième fournisseur européen, derrière les États-Unis et la Russie. La Turquie et la France ont été les principaux acheteurs, avec respectivement 0,63 million et 0,52 million de tonnes.
Dans ce contexte, Sonatrach a annoncé la signature d’un nouvel accord avec la compagnie tchèque ČEZ, portant sur l’extension, pour une durée d’un an à compter du 1ᵉʳ octobre 2025, du contrat actuel de fourniture de gaz à destination de la République tchèque. Cet accord prévoit la poursuite des livraisons via le gazoduc reliant l’Algérie à l’Italie, un axe stratégique pour l’approvisionnement de l’Europe centrale. En renforçant ses liens avec Prague, Sonatrach confirme sa capacité à étendre la coopération économique bilatérale au-delà du seul secteur énergétique, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités dans divers domaines.
Enfin, le partenariat énergétique entre Alger et Le Caire franchit une nouvelle étape. La société égyptienne Petrojet vient de décrocher un contrat préliminaire estimé à 1,087 milliard de dollars pour le développement de la deuxième phase du champ pétrolier de Hassi Bir Rekaiz, dans le sud-est algérien. Une percée stratégique qui confirme la volonté du Caire de renforcer sa présence sur les marchés énergétiques régionaux, tout en consolidant les liens économiques entre les deux pays.
La société égyptienne «Petrojet» a remporté, en consortium avec l’italienne «Arkad Spa», un contrat préliminaire pour la construction d’une station de traitement de 31 500 barils/jour et la pose de 217 km de pipelines sur le champ de Hassi Bir Rekaiz, exploité par Sonatrach et PTTEP. Sélectionnée après une préqualification concurrentielle internationale, Petrojet renforce ainsi sa présence à l’étranger, un succès salué par le ministre égyptien du Pétrole, Karim Badawi, qui a mis en avant la croissance internationale de la société.
Mahmoud Tadjer
