Des hôpitaux débordés à Ghaza, des frappes en Ukraine et des attaques de drones au Soudan….
Selon les agences humanitaires des Nations unies, plusieurs foyers de crise connaissent une dégradation rapide de la situation des civils, tandis que l’accès à l’aide reste fragile.
La conjonction des conflits armés et des restrictions d’accès humanitaire continue de plonger plusieurs régions du monde dans une situation critique. Dans un point de situation relayé par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les cas de Ghaza, de l’Ukraine et du Soudan illustrent l’ampleur des défis humanitaires actuels.
À Ghaza, le système de santé fonctionne désormais à capacité très réduite. Selon l’OMS, seulement deux établissements de santé sur cinq sont encore opérationnels, et la plupart ne peuvent assurer qu’une partie de leurs services. La semaine dernière, la suspension temporaire des mouvements humanitaires vers le point de passage de Kerem Shalom avait retardé la récupération d’équipements médicaux essentiels. L’OMS a finalement pu récupérer près de 50 lits destinés aux unités de soins intensifs, qui doivent être acheminés vers les hôpitaux afin d’augmenter leurs capacités. Malgré ces efforts, les besoins restent immenses. Plus de 18 500 patients, dont près de 3 800 enfants, nécessitent des soins spécialisés indisponibles dans l’enclave.
En Ukraine, les combats ont une nouvelle fois frappé les zones civiles. Les attaques menées ce début de la semaine ont provoqué près de 20 morts et plus de 150 blessés, selon les autorités ukrainiennes. Une attaque massive de drones et de missiles dans la région de Kyiv a causé plusieurs victimes et endommagé de nombreux immeubles résidentiels, des écoles et des installations énergétiques, perturbant l’approvisionnement en gaz et en électricité.
D’autres frappes ont été signalées à Zaporigia, où plusieurs civils ont été blessés, ainsi que dans la région de Karkiv, où une ambulance a été touchée, causant la mort de deux secouristes. Des infrastructures scolaires et de transport ont également été endommagées.
Face à ces attaques, les organisations humanitaires nationales et internationales, en coordination avec la Croix-Rouge ukrainienne et les agences de l’ONU, ont déployé des opérations d’urgence. Les interventions comprennent des premiers secours, un soutien psychosocial, une assistance juridique et des aides financières destinées aux populations touchées.
La situation demeure également très préoccupante au Soudan, où les combats continuent de s’intensifier dans les régions du Kordofan et du Darfour. OCHA alerte sur la multiplication des frappes de drones, qui causent de nouvelles victimes civiles et compliquent l’accès de l’aide humanitaire. Dans la ville d’Al Rahad, une frappe a récemment fait des morts et détruit un hôpital.
Quelques jours auparavant, une autre attaque avait déjà causé des victimes à Al Fula, capitale du Kordofan occidental.
Dans le Darfour, plusieurs localités ont été touchées entre jeudi et samedi, notamment la zone de Wadi Sira, à l’ouest d’El Fasher, où des frappes ont provoqué des pertes humaines et d’importants dégâts matériels. À Nyala, capitale du Darfour du Sud, plusieurs quartiers ont été lourdement endommagés par des attaques de drones.
Par ailleurs, un bombardement ayant frappé un marché, près du poste frontalier d’Adré, a déclenché une explosion majeure. Selon Médecins Sans Frontières, 23 civils blessés, dont des femmes et des enfants, ont été admis dans un hôpital soutenu par l’organisation du côté tchadien de la frontière.
Les dangers persistent également après les combats. Les restes explosifs de guerre représentent une menace constante pour les civils. À Nyala, trois enfants ont été blessés lorsqu’une grenade a explosé dans la cour d’une habitation.
Face à cette multiplication des crises, les Nations unies appellent l’ensemble des parties impliquées dans ces conflits à respecter le droit international humanitaire, notamment la protection des civils et des infrastructures civiles, ainsi que l’accès rapide et sécurisé à l’aide humanitaire.
Dans le même temps, les agences onusiennes et leurs partenaires poursuivent leurs efforts pour fournir une assistance vitale. Au Soudan, des organisations humanitaires ont récemment installé huit réservoirs d’eau de 2 000 litres dans des sites de déplacés et des écoles de la région du Nil, afin de réduire les pénuries d’eau et les risques de maladies hydriques parmi les populations déplacées et les communautés hôtes.
Synthèse S. Méhalla
