La probable candidate à l’élection présidentielle française fustige l’attitude du chef de l’État français et son rapprochement avec les positions défendues par l’extrême droite durant toute la période de tensions entre Paris et Alger.
Ségolène Royal critique régulièrement le président Emmanuel Macron sur différents sujets, notamment sa gouvernance et ses prises de position diplomatiques. Ses interventions récentes ont ciblé la gestion des relations franco-algériennes ainsi que les tensions politiques nationales, des prises de parole qu’elle a parfois présentées comme une manière de dénoncer des stratégies de diversion face aux crises intérieures.
Sur le dossier algérien, elle n’a jamais manqué de s’élever contre ce qu’elle considère comme une politique néfaste du locataire de l’Élysée. Encore récemment, l’ancienne ministre française a vivement critiqué la gestion de la crise diplomatique avec l’Algérie par Emmanuel Macron.
La probable candidate à l’élection présidentielle française fustige l’attitude du chef de l’État et son rapprochement, selon elle, avec les positions défendues par l’extrême droite durant toute la période de tensions entre Paris et Alger. Elle estime que cette orientation a été préjudiciable aux intérêts de la France, qui se retrouve, désormais, distancée par d’autres pays jugés plus pragmatiques dans leur approche des relations avec l’Algérie.
Face à ce qu’elle décrit comme un recul de l’influence française en Algérie et au Maghreb, Ségolène Royal pointe du doigt la politique menée par Emmanuel Macron, l’accusant d’avoir privilégié des considérations politiques internes au détriment des intérêts stratégiques du pays.
L’urgence d’une reconstruction diplomatique
La présidente de l’Association France-Algérie appelle à une «reconstruction diplomatique urgente», estimant que la France «subit un déclassement économique et géopolitique sans précédent au Maghreb».
Elle cite notamment l’exemple de l’Italie, de l’Espagne et de l’Allemagne. L’Italie multiplie les contrats dans les secteurs de l’énergie et des travaux publics ; l’Allemagne renforce sa présence dans des domaines d’avenir comme l’hydrogène vert et l’automobile ; tandis que l’Espagne prépare de nouveaux partenariats industriels, agricoles et portuaires avec l’Algérie.
«La France se fait remplacer, après avoir été évincée du Sahel et d’une partie de l’Afrique francophone, à cause d’une politique diplomatique calamiteuse», déplore-t-elle, regrettant l’arrêt de plusieurs projets stratégiques portés par des entreprises françaises.
Les tensions mémorielles
Selon elle, le choix de raviver certaines tensions mémorielles et de s’aligner sur des thèmes défendus par les milieux nationalistes a plongé les relations franco-algériennes dans une impasse. Une orientation qu’elle qualifie de «polémiques politiciennes au mépris des évidences stratégiques».
Pour l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, «la France ne peut pas se payer le luxe de rompre le dialogue avec la rive sud de la Méditerranée pour de simples calculs de politique intérieure».
Une nouvelle ligne diplomatique pour l’après-Macron
Sa vision diplomatique pour l’avenir est claire : rompre avec la méthode mise en œuvre sous Emmanuel Macron afin de rétablir un climat de confiance avec les partenaires méditerranéens.
«En 2027, il faudra reconstruire une diplomatie clairvoyante et constructive, calme et respectueuse», affirme-t-elle.
Pour Ségolène Royal, entretenir une relation fructueuse avec l’Algérie ne signifie pas «s’aligner sur les options politiques d’un État souverain», mais exige au contraire «un respect mutuel qui semble aujourd’hui avoir déserté le Quai d’Orsay».
Un rôle revendiqué de médiatrice
Depuis sa nomination à la tête de l’Association France-Algérie en décembre 2025, Ségolène Royal revendique un rôle de médiatrice informelle pour favoriser l’apaisement entre la France et l’Algérie. Elle plaide pour un dialogue fondé sur le respect mutuel, la reconnaissance des conséquences de la colonisation et la coopération autour de la mémoire historique.
Lors d’un déplacement à Alger début 2026, où elle a rencontré le président Abdelmadjid Tebboune, elle a jugé
«ubuesque» la dégradation des relations franco-algériennes, estimant que les deux pays, liés par une histoire commune douloureuse mais importante, avaient intérêt à renouer le dialogue.
Elle défend également des initiatives culturelles portant sur les archives et les biens historiques, considérant la mémoire comme un levier d’apaisement entre les deux rives de la Méditerranée.
H. Adryen
