Les relations entre l’Algérie et l’Espagne connaissent, depuis quelques mois, une dynamique de normalisation marquée par la réactivation du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération après quatre ans de gel.
La réactivation de ce traité entre les deux pays, le 26 mars dernier, marque un tournant diplomatique majeur, symbolisant la normalisation des relations bilatérales après quatre années de tensions liées au Sahara occidental. Pour marquer ces retrouvailles, l’Espagne sera l’invitée d’honneur de la 57e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA), qui aura lieu du 22 au 27 juin prochain. Cela témoigne de «la dynamique positive que connaissent les relations algéro-espagnoles ces derniers temps» et vise à «renforcer la coopération bilatérale et explorer de nouvelles perspectives de partenariat entre les entreprises algériennes et espagnoles dans plusieurs secteurs stratégiques».
Un partenariat énergétique au cœur de la relance
Cette dynamique s’appuie sur un partenariat énergétique structurant. Mais cette relance économique s’accompagne d’un durcissement sur le plan migratoire. Selon un document interne relayé par le journal ABC, la police espagnole est de nouveau autorisée à rapatrier les ressortissants algériens en situation irrégulière.
Le document, daté du 4 mai, est adressé à tous les hauts responsables de la police et concerne la reprise des opérations d’expulsion vers l’Algérie. «Après de longues négociations menées par ce commissariat général et d’autres services du ministère de l’Intérieur, la situation qui empêchait l’expulsion des citoyens algériens en situation irrégulière a été résolue», précise encore le document.
Il indique également que dès la réception de la note, «les autorités compétentes pourront saisir la justice espagnole en vue de placer en centres de rétention administratifs les Algériens dont le rapatriement est jugé opportun».
L’unité centrale de rapatriement est chargée de superviser les opérations de renvoi forcé, notamment le lieu de détention, le port de départ et le nombre de personnes détenues simultanément.
«Cette unité distribuera des adresses électroniques pour recevoir et envoyer les documents de ces personnes ainsi que des adresses électroniques consulaires pour mener des visioconférences d’identification qui étaient auparavant menées en personne», précise le document.
Débat migratoire en France
En France, le débat migratoire prend également une tournure plus restrictive. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, propose un moratoire de trois ans sur l’immigration légale, estimant que la France aurait atteint ses capacités maximales d’intégration.
«Il faut mettre fin à l’immigration telle qu’elle est aujourd’hui», poursuit le garde des Sceaux, estimant que cette question devra être tranchée lors de la prochaine élection présidentielle. Le ministre de la Justice suggère d’abord de supprimer le droit au regroupement familial pour les titulaires d’un titre de séjour lié au travail, malgré l’importance de cette main-d’œuvre dans certains secteurs.
Cette mesure concerne particulièrement les Algériens, qui représentent la deuxième plus forte communauté en France, avec 640 000 à 900 000 personnes nées en Algérie. En tenant compte des binationaux et des descendants sur deux ou trois générations, cette population dépasserait 2 à 2,7 millions de personnes.
Durcissement de la politique migratoire
Par ailleurs, il préconise une révision constitutionnelle afin de remplacer les quotas migratoires actuels, purement indicatifs, par des quotas strictement contraignants. Face à l’idée d’un référendum sur l’immigration, il affirme n’avoir «jamais eu peur de la parole donnée au peuple».
Le ministre assure également qu’«il faudra changer la Constitution» pour y parvenir. Et de rappeler qu’«il va se passer beaucoup de choses d’ici à un an». «Je prendrai ma décision en fonction du seul intérêt de mon pays», a-t-il fait savoir.
Les ressortissants algériens figurent parmi les nationalités les plus représentées dans les statistiques de l’Union européenne.
Qu’il s’agisse du nombre de sans-papiers identifiés ou de l’ampleur des obligations de quitter le territoire, ces données confirment une tendance migratoire qui ne faiblit pas. Les données d’Eurostat révèlent qu’en 2025, le nombre d’Algériens en situation irrégulière au sein de l’UE s’est élevé à 70 905 personnes.
H. Adryan
