Travailler sans relâche pour matérialiser les orientations du Président Tebboune et dialoguer avec toutes les parties, sans exclusive. Tels sont les premiers engagements du nouveau locataire du Palais du Peuple.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a signé ce jeudi un décret mettant fin aux fonctions de Nadir Larbaoui en tant que Premier ministre, à peine neuf mois après sa nomination. Dans le même mouvement, le chef de l’État a désigné le ministre de l’Industrie, Sifi Ghrieb, pour assurer l’intérim à la tête du gouvernement. Cette décision, a été annoncée dans un communiqué de la présidence de la République.
Nadir Larbaoui devient le troisième chef du gouvernement à quitter ses fonctions depuis l’élection de Tebboune en 2019, après Abdelaziz Djerad et Aymen Benabderrahmane. Mais son passage à la primature restera marqué par une discrétion extrême. Jamais d’entretien accordé à la presse, une communication limitée à ses apparitions dans les conseils des ministres, réunions du gouvernement ou lors de représentations du président à l’étranger, et aucune mesure forte qui ait durablement marqué l’opinion.
Sa dernière activité internationale, une visite officielle en Espagne pour inviter le chef du gouvernement Pedro Sánchez à Alger, illustre ce rôle de courroie de transmission, sans visibilité propre. «Une période silencieuse», résument plusieurs observateurs.
Le signal d’un nouveau cycle politique
La mise à l’écart de Larbaoui survient alors que Tebboune entame son second mandat présidentiel. Dès sa réélection, en septembre dernier, Larbaoui avait présenté la démission de son gouvernement, conformément à l’usage institutionnel. Mais le président lui avait demandé de rester provisoirement en poste, le temps d’assurer la rentrée sociale et de préparer le projet de loi de finances 2025. Le décret de ce jeudi confirme la fin de cette mission transitoire et ouvre la voie à un réajustement plus large de l’exécutif.
Aux yeux des analystes, c’est une décision qui traduit «la volonté du président de donner un nouvel élan à son action politique».
Prise de fonctions
Sifi Ghrieb a pris, jeudi au Palais du Gouvernement, ses fonctions de Premier ministre par intérim lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs avec Nadir Larbaoui. «Aujourd’hui, j’ai eu l’honneur d’être chargé par Monsieur le président de la République d’occuper le poste de Premier ministre par intérim. Je le remercie pour la confiance qu’il m’a accordée», a déclaré Ghrieb à l’issue de la cérémonie.
«Nous avons beaucoup de travail devant nous, notamment avec la rentrée sociale», a-t-il ajouté, s’engageant à «travailler sans relâche à la concrétisation du programme du président de la République et de l’ensemble des projets qui, sans nul doute, apporteront un véritable plus à l’économie nationale». Pour sa part, Larbaoui a félicité Sifi Ghrieb pour la confiance placée en sa personne par le président de la République, auquel il a adressé «ses remerciements et sa gratitude pour la confiance qu’il lui a accordée durant toute la période où il a assumé cette fonction».
Intérimaire ou futur Premier ministre ?
Le choix de Saïfi Ghrieb, ministre de l’Industrie, pour assurer l’intérim attire également l’attention. Peu connu du grand public mais réputé pour sa proximité avec certains cercles économiques, il est désormais placé sous les projecteurs. Une interrogation demeure : est-il destiné à rester comme Premier ministre de plein exercice, ou n’est-il qu’un choix provisoire avant la désignation d’une autre figure ?
Le profil de Ghrieb, technocrate ayant construit sa carrière dans l’administration économique, peut rassurer dans une période où la priorité du pouvoir reste la consolidation financière et la relance de l’investissement industriel.
Vers quel scénario ?
Le Président Tebboune semble donc ouvrir une séquence charnière. Selon plusieurs observateurs, trois scénarios se dessinent. Le premier consisterait à maintenir Sifi Ghrieb à la tête du gouvernement, en transformant son intérim en nomination officielle, ce qui offrirait un gage de continuité technocratique. Le second scénario verrait la désignation d’un Premier ministre politique, issu d’un parti de la majorité, afin de donner une coloration plus partisane et politique au second mandat. Enfin, un troisième scénario pourrait privilégier un profil hybride, mêlant expérience économique et aptitude à la communication publique, capable d’incarner la mise en œuvre des promesses présidentielles et de donner un souffle nouveau à l’action gouvernementale.
En attendant, le départ de Larbaoui marque la fin d’une phase discrète et ouvre la voie à une nouvelle étape dans l’action gouvernementale. Ce contexte met en lumière la priorité donnée par le président Tebboune à la consolidation des politiques publiques et à la relance économique, tout en maintenant une attention constante aux attentes des citoyens.
Assia M.
