Le financement du système national de sécurité sociale est l’un des dossiers sensibles examinés hier par le gouvernement dans un contexte marqué par les déséquilibres financiers de certaines caisses, notamment celles des retraites.
Réuni hier sous la présidence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, l’Exécutif a ainsi consacré une partie de ses travaux à «la situation financière des caisses de Sécurité sociale et de retraite, à la lumière de l’évolution des données démographiques et du rythme de progression des dépenses», selon un communiqué des services du Premier ministre.
Le document souligne, à ce titre, «la nécessité d’établir un plan d’action global à même de garantir l’efficacité du système de protection sociale, sa pérennité et son impact sur l’inclusion sociale», alors que les équilibres financiers restent fragilisés par l’augmentation des charges et les mutations démographiques. En effet, certaines caisses comme la CNR connaissent depuis des années, d’énormes déficits.
Bien que la situation de la CNR se soit nettement améliorée (déficit de 580 milliards de DA en 2019, réduit à 300 milliards en 2025), la situation générale demeure précaire. Beaucoup d’argent en effet circule dans l’informel qui pourrait être une source de financement non négligeable si l’on parvient à le capter au profit de la Casnos et de la Cnas notamment, qui doit, d’ailleurs, renforcer son système de recouvrement. Le «plan global» auquel pense le gouvernement, inclut-il cette solution ?
Qualité et sécurité des infrastructures
Au-delà de ce dossier, la réunion de gouvernement a également permis de poursuivre l’examen du projet de décret exécutif fixant «les modalités et conditions d’homologation des produits de construction, d’entretien et d’exploitation des infrastructures» routières, autoroutières, aéroportuaires, maritimes et ferroviaires. Ce texte vise notamment à «fixer les normes techniques des produits utilisés» dans les travaux publics et à «mettre en place un référentiel» garantissant la qualité et la sécurité des infrastructures de base.
Modernisation du service public
Par ailleurs, l’exécutif a entendu une communication consacrée au projet national de référence d’adressage, présenté comme un levier de modernisation des services publics. Selon le communiqué, ce projet s’inscrit dans le cadre «des directives du président de la République et des efforts de l’État pour moderniser les services publics et consolider la transformation numérique».
Il est également considéré comme «un outil stratégique pour réorganiser les espaces urbains, améliorer la qualité des services publics et favoriser la transition vers une gouvernance intelligente et fondée sur les données».
Veille sanitaire
Sur le plan sanitaire, le gouvernement a examiné la situation épidémiologique des maladies transmissibles à déclaration obligatoire, tant au niveau national qu’international. Le communiqué relève que ces pathologies «continuent de constituer un défi majeur pour le système national de santé», appelant à «renforcer les capacités de détection précoce et de digitalisation des systèmes de remontée de l’information», ainsi qu’à «une coordination intersectorielle accrue» pour faire face aux risques épidémiques.
Au final, cette réunion met en évidence la multiplicité des chantiers engagés par l’Exécutif, avec en toile de fond la nécessité d’adapter les politiques publiques aux mutations économiques, sociales et technologiques.
S. Mekla
