À la veille du 51ᵉ anniversaire de la création de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), son secrétaire général, KhalfallahMechri, a lancé un appel appuyé à une révision profonde des politiques agricoles nationales.
Invité de la Chaîne I de la Radio algérienne, il a critiqué la poursuite de l’utilisation de plans agricoles datant d’avant 2005, estimant qu’ils ne correspondent plus à la réalité climatique actuelle, marquée par des pluies tardives et une saison agricole qui ne débute plus en octobre comme auparavant. Selon lui, la situation impose un changement radical dans la manière d’aborder la planification agricole. Il a insisté sur la nécessité de s’appuyer sur des données scientifiques récentes et d’orienter les efforts vers de nouvelles sources d’irrigation, l’usage de plantes résistantes à la sécheresse et le retour aux variétés locales traditionnelles, en collaboration étroite avec les instituts spécialisés en ingénierie agricole. «Continuer à semer sans récolter n’est plus acceptable», a-t-il averti, appelant à une approche technique beaucoup plus rigoureuse, notamment dans les régions les plus affectées par la sécheresse comme l’Ouest et les Hauts-Plateaux. Les dernières années ont été particulièrement difficiles pour les zones céréalières, en particulier dans les wilayas de Sétif et de Bordj Bou Arreridj, où les agriculteurs ont subi des pertes considérables. Malgré ces difficultés, Mechri assure que les agriculteurs restent prêts à contribuer à l’effort national pour atteindre la sécurité alimentaire, à condition que les obstacles administratifs et techniques soient levés. Il a dénoncé la bureaucratie persistante qui entrave l’accès aux engrais et au matériel, plaidant pour une restructuration profonde de l’administration agricole et un soutien accru à l’acquisition d’équipements âgés de moins de cinq ans.
Gagner la bataille de l’économie de l’eau
Face à une aridification progressive qui touche désormais même les régions traditionnellement humides du nord du pays, Mechri a appelé à une mobilisation générale pour «gagner la bataille de l’économie de l’eau». Il a souligné l’importance de valoriser chaque goutte de pluie et de recourir davantage aux eaux traitées pour l’irrigation, conformément aux orientations du Président de la République. Il a également mis en avant l’importance de créer de nouveaux périmètres agricoles dotés de ressources hydriques importantes, ainsi que de développer l’irrigation d’appoint pour les céréales, une mesure facilitée par la décision de l’État de fournir presque gratuitement le matériel nécessaire dans les zones céréalières. Le secrétaire général de l’UNPA a révélé avoir rencontré récemment le Premier ministre, Sifii Ghrieb afin de lui exposer les préoccupations du secteur, notamment après les lourdes pertes subies par les producteur de céréales. Une deuxième rencontre a ensuite eu lieu avec le ministre de l’Agriculture pour examiner des solutions urgentes destinées à renforcer la solidité du système alimentaire national.
Un potentiel prometteur
Ces discussions ont débouché sur des instructions adressées aux directions de l’agriculture et aux établissements bancaires pour accélérer l’approvisionnement en engrais et en semences, alors que de nombreux exploitants peinaient à lancer la nouvelle saison agricole en raison de difficultés financières héritées des pertes de l’an dernier. Malgré les défis, Mechri se dit optimiste. Les récentes pluies, très attendues, redonnent de l’espoir aux agriculteurs, en particulier aux céréaliers éprouvés par plusieurs années de sécheresse. Il affirme que le secteur agricole algérien possède un potentiel prometteur, d’autant plus que de nombreux jeunes s’y intéressent grâce aux programmes de soutien et de formation mis en place.
Pour Mechri, l’heure est désormais à la refonte, à l’adaptation et à la mobilisation nationale. Il rappelle que dans le monde entier, les gouvernements soutiennent leurs agriculteurs, et que l’Algérie doit poursuivre ses efforts afin de bâtir une base agricole solide, capable de garantir la sécurité alimentaire à plus de 45 millions d’habitants.
Islam K.
