Face à une demande en constante progression, les pouvoirs publics misent sur le renforcement des infrastructures et l’efficacité énergétique.
La préparation de la saison estivale 2027 a été au menu d’une réunion restreinte présidée, hier, par le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal. Avec ses collaborateurs, Adjal a fait le point sur les préparatifs liés à l’été 2027, en examinant les différentes mesures et procédures pour assurer la préparation du réseau énergétique nationale et améliorer ses capacités pour répondre à la demande croissante en énergie.
Durant cette réunion qui a vu la participation de cadres centraux du ministère et de responsables de la Sonelgaz, le ministre a émis une série d’instructions et de directives, soulignant la nécessité de renforcer le suivi étroit des différents projets et dossiers en cours d’étude et d’achèvement, et d’accélérer le rythme de leur mise en œuvre.
Il a également insisté sur l’augmentation du niveau de coordination entre les différentes structures et institutions concernées, d’une manière qui garantisse la réalisation des objectifs fixés et renforce l’état de préparation du secteur ainsi que la durabilité de l’approvisionnement énergétique.
Même si Sonelgaz, grâce à des marges de sécurité sur le réseau de transport et de production, parvient à répondre à aux demandes exceptionnelles enregistrées en période de fortes tensions, les incidents à répétition survenus cet été devraient servir à anticiper une planification stricte en prévision de la prochaine saison estivale.
2026, un été sous tension
Durant cet été 2026, le réseau électrique algérien a fait face à une pression historique en raison de vagues de chaleur intenses, incitant le groupe national Sonelgaz à déployer des plans d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement. Les températures dépassant fréquemment les 45°C ont provoqué une utilisation massive des climatiseurs.
Le 13 juillet 2026 à 15h30, l’Algérie a enregistré un pic historique de consommation d’électricité de 21 378 mégawatts (MW) le 13 juillet 2026 à 15h30, surpassant le record établi l’année précédente (20 628 mW). Par ailleurs, une panne technique majeure survenue à Biskra a temporairement perturbé l’alimentation de 16 wilayas à la mi-juillet.
Une demande en forte progression
D’année en année, la demande connaît une forte progression notamment durant la saison estivale. Durant l’été 2024, la demande avoisinait les 19 543 mW. Le 23 juillet 2025, un record de 20 628 mW avait été atteint. Cette année, le pic atteint était de 21 378 mégawatts.
Ces chiffres illustrent parfaitement l’accélération de la demande. La hausse annuelle est de près de 1 000 MW, ce qui revient à construire chaque année une centrale électrique supplémentaire, représentant un investissement estimé à près de un milliard de dollars.
Diversifier le mix énergétique
Le plan de Sonelgaz ne repose pas uniquement sur l’augmentation de la production. Le groupe poursuit également le développement des infrastructures de transport et de distribution de l’électricité, tout en intensifiant les opérations de maintenance préventive. Le programme national vise l’extension du réseau électrique de transport à 34 000 km d’ici à 2027.
L’Algérie mise, par ailleurs, sur un développement massif des énergies renouvelables pour développer un mix énergétique, combinant énergies renouvelables et énergies fossiles. Avec plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an, le pays dispose d’un potentiel solaire immense. Le déploiement s’inscrit dans un plan visant à atteindre 15 000 mW d’énergie solaire à l’horizon 2035.
Selon les responsables du groupe Sonelgaz, 1 010 mW d’énergies renouvelables seront mis en service en 2026. À ce jour, 788 mW de nouvelles capacités ont déjà été réceptionnés, dont 420 mW d’énergie solaire, dans le cadre du programme national de 3 200 mW photovoltaïques.
Maîtrise de la demande
Au-delà du renforcement de l’offre, les autorités insistent sur la maîtrise de la demande. L’information et la sensibilisation constituent des leviers essentiels pour encourager l’adoption de gestes simples susceptibles de réduire significativement la consommation nationale. A ce titre, les autorités et le ministère de l’Energie appellent régulièrement les citoyens à adopter des gestes d’économie d’énergie (notamment en réglant les climatiseurs entre 25°C et 26°C) pour préserver l’équilibre du réseau électrique.
S. Smati
